mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LABORIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, l'association Victor Hugo 2001, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de Grenoble a refusé la participation au marché de Noël de quatre de leurs membres ;
2°) d'enjoindre à la commune de Grenoble de réintégrer les quatre membres de l'association sous la tente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, la commune de Grenoble, représentée par Me Laborie, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de l'association Victor Hugo 2001 la somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que :
- la requérante n'a pas intérêt ni qualité pour agir ; l'existence de l'association n'est pas avérée ; à supposer qu'elle existe légalement, il n'est pas justifié de l'adéquation entre son objet social et le présent recours ; il n'est pas justifié que M. A B ait qualité pour agir ;
- la décision attaquée est inexistante ou n'est pas identifiée et n'est pas produite par la requérante ;
- la requête est irrecevable dès lors que l'annulation d'une décision ne relève pas de l'office du juge des référés ;
- la requête est irrecevable dès lors que les conclusions de la requérante sont ambigües ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucun moyen n'est soulevé ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune requête à fin d'annulation de la décision attaquée n'a été introduite ;
- les autres moyens soulevés par association Victor Hugo 2001 ne sont pas fondés.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2407366, enregistrée le 24 septembre 2024, par laquelle l'association Victor Hugo 2001 demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 18 octobre 2024 à 9 heures 30.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de M. B, représentant l'association Victor Hugo 2001, et de Me Laborie, représentant la commune de Grenoble.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Victor Hugo 2001 expose que ses membres sont des commerçants non sédentaires qui sont abonnés à l'année pour bénéficier d'une autorisation de déballer leur marchandise sur l'allée sud de la place Victor Hugo à Grenoble. A l'occasion du marché de Noël en 2022, qui se tient chaque année sur cette place, ils ont obtenu l'autorisation d'occuper une tente de location pour y installer leur stand. Dans la perspective du marché de Noël pour l'année 2024, la commune de Grenoble a organisé une sélection des candidats autorisés à installer leur stand sous cette tente dont le montant de la location est pris en charge par la commune. L'association demande l'annulation de la décision par laquelle la commune de Grenoble a refusé la candidature de quatre de ses membres.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Le même code dispose à son article R. 522-1 que : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
3. En premier lieu, si l'association Victor Hugo 2001 a saisi le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, elle n'a pas produit avec sa requête la copie de la requête distincte à fin d'annulation dirigée contre la décision dont elle sollicite la suspension en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Sa requête est ainsi irrecevable pour ce motif.
4. En deuxième lieu, il n'entre pas dans les prérogatives du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui ne peut décider que de mesures provisoires, de prononcer une annulation d'un acte administratif. L'association Victor Hugo 2001 n'est dès lors pas non plus recevable à demander l'annulation de la décision litigieuse.
5. En troisième lieu, si l'association Victor Hugo 2001 se plaint du refus opposé à quatre de ses membres elle ne produit ni ces décisions, ni n'indique le nom des membres concernés par celles-ci, ni ne justifie de l'intérêt dont elle disposerait pour attaquer ces décisions en lieu et place de ses membres. Sa requête est donc irrecevable également pour ce motif.
6. Enfin, et en tout état de cause, l'association Victor Hugo 2001 n'a soulevé ni dans sa requête, ni au cours de l'audience, de moyen opérant à l'encontre desdites décisions.
7. Dans ces circonstances, à supposer même que l'association Victor Hugo 2001 dispose d'un intérêt à agir, sa requête ne comporte aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions qu'elle conteste et ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association Victor Hugo 2001 le versement à la commune de Grenoble de la somme demandée par cette dernière au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de association Victor Hugo 2001 est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de commune de Grenoble relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à association Victor Hugo 2001 et à la commune de Grenoble.
Fait à Grenoble, le 22 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24075172
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026