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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2407659

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407659

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407659
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIOUF-GARIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, Mme B, représenté par Me Diouf, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de délivrer à Mme B une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de 24 h, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision du préfet a pour conséquence de la priver d'une autorisation de séjour ainsi que d'une autorisation de travail et elle se retrouve en situation irrégulière et sans ressources ni aides, elle se trouve en difficulté avec son fils de seulement 2 ans ;

- la décision du préfet porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et au droit de mener une privée normale.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de Mme B était incomplète et qu'il n'était pas tenu de lui délivrer une attestation de confirmation de dépôt d'une demande de renouvellement ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président a désigné M. C pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024 en présence de M. Muller, greffier d'audience, M. C a lu son rapport et entendu Me Mathis, substituant Me Diouf et M. A, représentant le préfet de l'Isère.

Une note en délibéré présentée par le préfet de l'Isère a été enregistrée le 11 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise, est mère d'un enfant français. Elle a obtenu un titre de séjour valable du 22 septembre 2023 au 21 septembre 2024. Elle a déposé le 19 juin 2024, soit 3 mois avant l'expiration de son titre de séjour, un dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour. Son titre de séjour ayant expiré, le préfet ne lui a pas délivré une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. En raison de l'urgence liée à la procédure de référé, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". A ceux de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

5. Il résulte de l'article L. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet n'est est tenu de délivrer à l'étranger une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande que lorsque le dossier, déposé en temps utiles, est complet et que l'instruction se prolonge.

6. Il résulte de l'instruction que le dossier de Mme B est incomplet. Ainsi, en refusant implicitement de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, le préfet n'a pas porté une atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale. Par suite, la requête de Mme B et les conclusions de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er :Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B, à Me Diouf et au ministre de l'Intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 11 octobre 2024.

Le vice-président, juge des référés,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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