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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2407711

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407711

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407711
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMIRAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Miran, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance et de lui remettre à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

2°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; elle est présumée en matière de demande de renouvellement de titre de séjour ;

- la mesure demandée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors qu'aucune décision n'a été prise à son encontre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il fait valoir qu'il a délivré à Mme A un rendez-vous pour qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Mme A expose, qu'en dépit de plusieurs tentatives de connexion sur le site dédié, elle n'a pas pu obtenir de rendez-vous lui permettant de déposer la demande de renouvellement de son titre de séjour. Elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous à bref délai afin de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement et de lui remettre, à cette occasion, un document justifiant de son droit au séjour avec autorisation de travail.

5. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de l'Isère, par un courrier du 18 octobre 2024, a convoqué Mme A pour un rendez-vous, le 5 novembre 2024. Dans ces circonstances, il y a lieu de considérer que les conclusions à fin d'injonction de Mme A ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu dès lors de statuer sur celles-ci.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

6. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () "

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros qu'il paiera à Me Miran, avocate de Mme A, au titre des frais non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de Mme A.

Article 3 :L'Etat versera à Me Miran, avocate de Mme A, une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et à Me Miran.

Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère

Fait à Grenoble, le 25 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24077112

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