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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2407760

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407760

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407760
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMIRAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. A, représenté par Me Miran, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision implicite du préfet de l'Isère du 4 octobre 2024 refusant la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : il est en situation irrégulière et son employeur a mis fin à son contrat de travail ;

- les moyens tirés de la méconnaissance du défaut de motivation, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation, sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient qu'il a accordé au requérant un rendez-vous en préfecture afin de lui remettre le récépissé l'autorisant à travailler qu'il demande.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 9 octobre 2024 sous le numéro 2407759 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 16 octobre 2024 en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. B a lu son rapport ; les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, constater un non-lieu à statuer.

4. Il ressort de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de l'Isère a donné rendez-vous à M. A pour lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension de la décision implicite refusant le délivrance d'un tel récépissé.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er :M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension de la requête de M. A.

Article 3 :La somme de 1 000 euros est mise à la charge de l'Etat en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que M. A soit définitivement admis à l'aide juridictionnelle et que Me Miran renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A, à Me Miran et au ministre de l'Intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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