lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 10 octobre 2024, M. B G, représenté par Me Gay, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 20 septembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de faire droit à sa demande ou subsidiairement, de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. G soutient que :
- la décision est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une insuffisante motivation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 573-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute de transfert effectif vers l'Autriche ;
- elle méconnait les dispositions de l'article D. 551-17 du même code, à défaut d'avoir pris en compte sa vulnérabilité sur le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 17 octobre 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et subsidiairement, il demande une substitution de base légale au profit des dispositions du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme F en application de l'article L. 555-1 et de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique du 21 octobre 2024, à 14 heures, appelé l'affaire et a présenté son rapport.
Les parties ne sont ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B G est un ressortissant syrien âgé de 54 ans. Il est entré en France le 30 novembre 2023 et a sollicité l'asile en France le 27 décembre 2023 après avoir présenté une première demande d'asile en Autriche. Par arrêté du 29 février 2024, l'autorité préfectorale a ordonné sa remise aux autorités autrichiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile, mesure exécutée le 14 juin 2024. Le 28 juillet 2024, il est rentré à nouveau en France pour déposer une demande d'asile et a accepté le 22 août 2024 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la décision attaquée du 20 septembre 2024, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil. Dans sa requête, M. G demande l'annulation de la décision du 20 septembre 2024 par laquelle l'OFII a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. G au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
4. En premier lieu, par une décision du 24 avril 2023, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme A E, directrice territoriale de Grenoble et, en son absence, à M. H C, son adjoint, à l'effet de signer tous actes et décisions se rapportant aux missions dévolues à cette direction. Par conséquent, le moyen tiré de ce que le signataire de la décision attaquée ne justifierait pas d'une délégation de signature, manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Aux termes l'article L. 551-16 du même code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; (). ". Aux termes de l'article L. 573-5 du même code : " Lorsque l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat européen le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prévue à l'article L. 553-1 prend fin à la date du transfert vers cet Etat ". Le transfert effectif du demandeur d'asile par l'État membre requérant met fin à l'examen de la demande d'asile par ce dernier ainsi qu'à sa responsabilité afférente à l'octroi des conditions minimales d'accueil.
7. M. G a été transféré aux autorités autrichiennes le 14 juin 2024, mettant fin à l'examen de sa demande d'asile par la France présentée le 27 décembre 2023 et au bénéfice des conditions matérielles d'accueil en France. La demande qu'il a présentée après son retour en France, enregistrée en procédure Dublin le 22 août 2024, est ainsi assimilable à une demande de réexamen, au sens du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui ne conteste d'ailleurs pas que les conditions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies, ne pouvait prendre une décision de cessation des conditions matérielles d'asile sur le fondement de cet article.
8. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
9. En l'espèce, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale formée en défense par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et de substituer aux dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers les dispositions du 3° de l'article L. 551-15 de ce code, qui ne privent le requérant d'aucune garantie.
10. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII a décidé de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que M. G avait présenté une nouvelle demande d'asile en France, qui doit donc être regardée comme une demande de réexamen, motif prévu par les dispositions précitées de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France. L'intéressé n'établit pas qu'il aurait été empêché d'introduire sa demande d'asile en Autriche, Etat qui s'était reconnu responsable de sa demande, ou que celui-ci aurait refusé de l'examiner. Il n'établit pas davantage se trouver dans une situation de vulnérabilité au sens des dispositions précitées alors qu'il est divorcé, sans enfant à charge et qu'il bénéficie d'un hébergement. Dans ces conditions, l'OFII pouvait lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. G doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. G est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B G, à Me Gay et à l'OFII.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
Mme F Mme D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026