lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407968 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KORN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024 M. B, représenté par Me Korn, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration :
- à titre principal, de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif au 5 septembre 2024, dans un délai de quarante-huit heures suivant l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- à titre subsidiaire, de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil , dans un délai de quarante-huit heures suivant l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1500 euros à verser à Me Korn en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui, si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie : l'absence de bénéfice des conditions matérielles d'accueil le prive de ressources et le place dans une extrême précarité compte tenu de son âge et de sa vulnérabilité ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile, au respect de la dignité humaine, et à l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024 l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête ;
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 17 octobre 2024 à 13h30. Le début de l'audience a été retardé à 13h50 pour permettre à Me Korn de prendre connaissance du mémoire en défense dont un exemplaire imprimé lui a été remis à 13h35.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de Me Korn, représentant M. B.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Né en France le 9 juin 2023, M. D, représenté par sa mère, Mme A, de nationalité guinéenne, a formé une demande d'asile le 5 septembre 2024 qui a été traitée selon la procédure accélérée. Par courrier du 2 octobre 2024, M. B a formé une demande de bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 14 octobre 2024, celle-ci a été rejetée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice de ces conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
5. Bien que son fils soit né en juin 2023, la mère de M. B n'a formé une demande d'asile pour lui que plus d'un an et deux mois plus tard. Il ne fait pas valoir pour autant de circonstances particulières ayant fait obstacle à ce que sa demande intervienne plus tôt ou de circonstances récentes justifiant que cette demande ne soit intervenue qu'en septembre. Il ressort par ailleurs des indications de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et des pièces produites que M. B et sa famille ont été convoqués pour un entretien destiné à évaluer leur niveau de vulnérabilité qui n'a pas révélé d'urgence ou de vulnérabilité particulière. Le père et la mère de M. B, cette dernière se trouvant en outre en situation irrégulière sur le territoire français, sont hébergés par le 115 depuis le 26 mars 2021. Dans ces circonstances M. B ne justifie pas que le refus de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil est constitutif d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés et la prescription d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
6. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
7. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () "
8. Ces dispositions faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de M. B en ce sens doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Korn
Fait à Grenoble, le 21 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24079682
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026