lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, M. A C, représenté par Me Gay, demande au tribunal :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet du Rhône a décidé sa remise aux autorités croates en vue de sa reprise en charge par cet Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- cet arrêté a été pris au terme d'une procédure irrégulière car il n'a pas bénéficié d'un entretien ou, subsidiairement, cet entretien n'a pas été conduit par un agent identifiable et qualifié et en présence d'un interprète dans une langue qu'il comprend le tout, en méconnaissance de l'article 5 du règlement n°604/2013 ;
- en ne faisant pas usage de l'article 17 du règlement n°604/2013, le préfet du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- l'arrêté en litige méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet du Rhône a présenté un mémoire enregistré le 25 octobre 2024 par lequel il conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relatif à la création d'Eurodac pour la comparaison des empreintes digitales aux fins de l'application efficace du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Permingeat, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 572-4 et L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 28 octobre 2024, le rapport de Mme Permingeat, magistrat désigné.
L'instruction a, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été close à l'issue de ce rapport, à 14 h 14.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant turc, est entré en France le 3 août 2024 où il a demandé l'asile. Son relevé d'empreintes ayant révélé qu'il avait déposé une demande similaire en Croatie, les autorités croates ont été sollicitées afin qu'il soit repris en charge par cet Etat. Sur accord de ce dernier, le préfet du Rhône a, par arrêté du 9 octobre 2024, décidé de la remise de M. C aux autorités de ce pays. Dans la présente instance, l'intéressé en demande l'annulation pour excès de pouvoir.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir et d'injonction :
3. L'arrêté en litige a été signé par Mme B, chef du pôle régional Dublin, qui avait reçu à cette fin une délégation de signature consentie par arrêté du préfet du Rhône du 30 septembre 2024 régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien est mené dans une langue que le demandeur comprend () Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national ".
5. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour prendre la décision de remise en application des articles L. 621-1 à L. 621-7 est le préfet de département () ".
6. Un premier lieu, il ressort des pièces produites par le préfet du Rhône que M. C a été reçu en entretien le 12 août 2024. En deuxième lieu, il ne résulte ni des dispositions citées au point 4 ni d'aucun principe que l'identité de l'agent qui a mené cet entretien doive figurer sur le compte-rendu qui en est dressé. En troisième lieu, le requérant a été reçu par un agent de la préfecture de l'Isère qui, par application des dispositions citées au point 5, doit être regardé comme une " autorité qualifiée en vertu du droit national " au sens de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013. Enfin, il résulte du compte rendu de cet entretien signé par le requérant qu'il a été conduit avec l'assistance d'un interprète en langue turque, langue maternelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure entachant l'arrêté en litige doit être écarté.
7. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers () même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. ".
8. L'arrêté en litige n'a pas pour objet d'ordonner le renvoi de M. C dans son pays d'origine. Par suite le requérant ne peut utilement invoquer les menaces dont il y ferait l'objet. Par ailleurs, les prétendus " liens forts " qu'il aurait tissés sur le territoire national ne sont pas établis. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en ne faisant pas usage des dispositions citées au point 7, le préfet du Rhône a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Le moyen correspondant doit être écarté.
9. Compte tenu de l'objet de l'arrêté en litige tel que rappelé au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance par cette décision de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, d'injonction présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
11. Les conclusions présentées par M. C au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Gay et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024
Le magistrat désigné,
F. PermingeatLa greffière,
Mme D
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026