mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ANGOT |
Vu la procédure suivante :
Le 17 octobre 2024, M. A B a transmis au tribunal copie de la dernière page d'un arrêté du préfet de l'Isère le concernant.
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2024, M. B, désormais représenté par Me Angot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir :
- la nouvelle obligation de quitter le territoire français révélée par l'arrêté du 25 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté du 1er mai 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- l'arrêté portant assignation à résidence a été signé par une autorité incompétente ;
- l'assignation à résidence est dépourvue de base légale compte tenu de la caducité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la nouvelle obligation de quitter le territoire français révélée par la décision portant assignation à résidence n'est pas motivée ;
- cette nouvelle obligation porte atteinte à l'article 3-1 de la convention de New-York.
Le préfet de l'Isère a présenté un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2024, par lequel il conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Permingeat, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 532-8 et L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 28 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Permingeat, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Angot, représentant M. B.
Les parties ont été informées que par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir présentées par M. B contre l'arrêté portant assignation à résidence.
L'instruction a, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été close à l'issue de ces observations, à 14 h 12.
M. B a présenté une note en délibéré, enregistrée le 28 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français prétendument révélée par l'assignation à résidence :
1. L'assignation à résidence en litige est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B le 25 octobre 2022. Elle ne révèle donc aucune autre mesure d'éloignement. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir présentées par le requérant contre la nouvelle obligation de quitter le territoire français prétendument révélée par l'arrêté du 1er mai 2024 doivent être rejetées comme irrecevables car dirigées contre une décision juridiquement inexistante.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1° () de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision ". Aux termes de l'article R. 921-3 du même code : " Les délais de recours de sept jours et quarante-huit heures respectivement prévus aux articles L. 921-1 et L. 921-2 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Enfin, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge ".
5. L'arrêté portant assignation à résidence de M. B comporte la mention des délais et voies de recours étant précisé que l'indication des délais de recours étant erronée, il y a lieu d'appliquer les dispositions citées au point 2, plus favorables au requérant. Dès lors, M. B disposait d'un délai de 7 jours courant à compter de la date de notification de cette décision, intervenue le 16 octobre 2024, pour en contester la légalité, soit jusqu'au 23 octobre 2024. L'extrait de pièce qu'il a adressé au tribunal le 17 octobre 2024 ne contenant pas de conclusions, cet envoi ne peut être regardé comme une requête au sens des dispositions citées au point 4, susceptible d'interrompre le cours de ce délai. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir de la décision portant assignation à résidence, présentées par M. B le 28 octobre 2024, sont tardives et donc, à ce titre, irrecevables. Elles doivent être rejetées comme telles.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
6. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 7 de la même loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable () ". Comme exposé aux points précédents, la requête de M. B est manifestement irrecevable. Il y a donc lieu de rejeter la demande d'aide juridictionnelle qu'il présente à titre provisoire.
Sur les frais du litige :
7. Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Angot et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
F. PermingeatLa greffière,
Mme C
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026