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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2408259

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408259

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408259
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCANS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, M. C A, représenté par Me Cans, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Isère de lui délivrer, à titre provisoire, un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de 48 heures à compte du prononcé de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans un délai de 48 heures suivant le prononcé de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

5°) de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, celui-ci s'engageant à exercer l'option prévue par cet article et à renoncer à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle dans l'hypothèse où il se verrait accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; dans l'hypothèse où il se verrait refuser le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 200 euros au titre de L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut travailler et mettre en place des démarches d'insertion alors qu'il est parvenu à obtenir le bénéfice plusieurs promesses d'embauche ; la décision en litige l'empêche de pouvoir percevoir des ressources lui permettant de faire face à ses besoins et à ceux de sa famille ; du fait de la décision attaquée, son état de santé s'est dégradé ; il peut à tout moment faire l'objet d'une arrestation ;

- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision en litige qui méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la requête en annulation enregistrée sous le n°2406971 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative ;

- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter sans audience publique une demande lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence.

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant d'établir la réalité de circonstances particulières qui justifient que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision contestée, M. A fait valoir qu'il bénéficie de plusieurs promesses d'embauche, qu'il risque également à tout moment de faire l'objet d'une décision d'éloignement et que du fait de la décision en litige, il ne peut faire face à ses besoins et à ceux de sa famille et son état de santé s'est dégradé.

4. M. A a déjà saisi, le 13 septembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, d'une requête qui tend aux mêmes fins que la présente requête. Par une ordonnance n°2406972 du 30 septembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette requête pour défaut d'urgence. Si la circonstance que M. A a fait l'objet d'une précédente ordonnance ne fait pas obstacle au dépôt d'une nouvelle requête sur le même fondement, celui-ci n'établit pas davantage l'urgence de sa situation en vue de la délivrance d'un premier titre de séjour en se bornant à ajouter qu'il est parvenu à obtenir plusieurs promesses d'embauche. En effet, la circonstance que la décision en litige ne lui permet pas de travailler ne saurait, à elle seule, caractériser une situation d'urgence alors que cette situation existait avant même le dépôt de cette demande. La décision contestée n'a donc pas pour effet de modifier les conditions d'existence de M. A et de sa famille. Par ailleurs, ainsi que cela a déjà été mentionné dans la précédente ordonnance, le certificat médical d'un médecin généraliste du 25 juillet 2024 qui indique que M. A " rapporte un état dépressif évoluant depuis un mois " est peu circonstancié et n'est pas suffisant pour démontrer l'existence d'une situation d'urgence et le requérant ne démontre pas être sous le coup d'une mesure d'éloignement susceptible d'être mise à exécution à brève échéance. Au surplus, il pourrait exercer un recours suspensif contre cette dernière. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas plus qu'à l'occasion de la précédente ordonnance n°2406972 du 30 septembre 2024, d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Par suite, la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions en faisant application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

6. Dès lors que l'action est dépourvue d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E

Article 1er :M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 :

La requête de M. A est rejetée.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Cans.

Fait à Grenoble, le 12 novembre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408259

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