jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GHANASSIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, Mme A C, représentée par Me Ghanassia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions implicites par lesquelles le préfet de l'Isère a refusé de renouveler son titre de séjour ainsi que son attestation de prolongation d'instruction, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet réexaminer sa demande de renouvellement dans un délai de quinze jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a demandé le 3 septembre 2023 via la plateforme Anef le renouvellement de son titre de séjour de cinq ans en qualité de conjointe d'un ressortissant européen, qui arrivait à expiration le 17 septembre 2023 ; elle s'est vu délivrer deux attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 23 septembre 2024 ;
- l'urgence est présumée s'agissant d'une demande de renouvellement et est caractérisée dès lors qu'elle travaillait en intérim comme cariste et nacelliste ;
- sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du refus implicite de titre de séjour les moyens tirés du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles L. 233-2 et R. 233-15 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation ;
- est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du refus implicite de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 431-15-1 et R. 233-17 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que le 24 octobre 2024, elle a délivré à la requérante une attestation de décision favorable, qui indique que son titre de séjour est en cours de fabrication.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 octobre 2024 sous le numéro 2408312 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Ribeaud, greffier d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Ghanassia, représentant la requérante.
Me Ghanassia demande qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à sa cliente la carte de séjour en cours de fabrication dans un délai de 48 heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Au vu de l'urgence qu'il y a à statuer sur la demande de Mme C, qui conclut au versement des frais de procès à son conseil, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. L'attestation de décision favorable produite par le préfet indique que le titre en cours de fabrication est une carte de séjour valable du 17 juillet 2024 au 16 juillet 2034. Cette attestation permet à l'intéressée de justifier de la régularité de son séjour et de travailler. L'urgence ayant disparu en cours d'instance, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension et en injonction présentées dans les écritures de la requérante.
3. Par ailleurs, les conclusions en injonction présentées oralement et tendant à la délivrance rapide et sous astreinte du titre en cours de fabrication ne découlent pas des demandes de suspension introduite et ne sont au surplus pas justifiées par l'urgence. Elles ne peuvent qu'être rejetées.
4. Mme C bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Ghanassia sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme C.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension et en injonction présentées par Mme C dans ses écritures.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 800 euros à verser à Me Ghanassia sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme C
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requérante est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à Me Ghanassia et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 5 décembre 2024.
La juge des référés,
A. B
Le greffier,
S. Ribeaud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026