jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, Mme B E, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 octobre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII :
- de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision est incompétent ;
- la décision n'est pas motivée au regard de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 20 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 21 et 22 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dès lors que sa situation et sa vulnérabilité n'ont pas été examinées.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme C en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 7 novembre 2024 à 14h.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14 h 30.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 23 mai 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2024, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté la demande d'asile que Mme E, ressortissante libanaise, avait présentée le 1er mars 2023. Le 24 octobre 2024, elle a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Par la décision attaquée du 24 octobre 2024, l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme A D, directrice territoriale de Grenoble, qui avait reçu, à cette fin, une délégation consentie par décision du directeur général de l'OFII du 24 avril 2023, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
5. La décision attaquée vise les textes dont elle fait application, à savoir les articles L. 551-5 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, après avoir mentionné que les besoins et la situation personnelle et familiale de l'intéressée, l'OFII indique que la requérante présente une demande de réexamen. Dès lors, la décision est suffisamment motivée au regard de l'article L. 551-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, quand bien même la requérante aurait souhaité qu'y figurent d'autres éléments. Par ailleurs, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 20 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, dès lors que ses dispositions ont été transposées en droit interne. Par suite, le moyen présenté en ce sens doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature ".
7. Mme E soutient qu'avant de prendre sa décision, l'OFII n'a pas examiné sa situation au regard de sa vulnérabilité. Toutefois, les termes de l'arrêté contesté témoignent du fait qu'avant de prendre sa décision, l'OFII a examiné la situation de la requérante et ses besoins. En tout état de cause, alors qu'elle soutient avoir quitté le Liban car elle craignait pour sa vie après avoir été suivie à plusieurs reprises par des inconnus, dans un contexte d'insécurité généralisée dans le pays, et n'aurait pas été prise en charge par les forces de l'ordre malgré ces faits, elle ne l'établit pas. Dès lors, la seule circonstance qu'elle est célibataire et isolée en France n'est pas de nature à établir un état de vulnérabilité rendant illégale la décision contestée. Par ailleurs, Mme E ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles 21 et 22 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, dès lors que celles-ci ont été transposées en droit français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement n'impliquant pas de prononcer une quelconque mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'OFII la somme demandée par Mme E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :Mme E est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de Mme E est rejetée.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Gay, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La magistrate désignée,
L. C
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408365
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026