lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Huard, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'assortir l'injonction de délivrance d'un titre de séjour mention " étudiant " à titre provisoire prononcée par l'ordonnance n°2404614 du 23 juillet 2024 d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction assortie du droit au travail dans délai de 5 jours sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il fait valoir que le préfet de l'Isère ne lui a pas délivré un titre de séjour mention " étudiant " à titre provisoire et l'attestation de prolongation d'instruction valable du 4 juillet 2024 au 3 octobre 2024 a expiré et n'a pas été renouvelé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'urgence n'est plus caractérisée dès lors qu'il a délivré une attestation de prolongation d'instruction, ce qui a pour effet de rouvrir l'instruction de la demande de l'intéressé qui ne justifie pas de quelconques diligences infructueuses tendant à se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n°2404614 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Au cours de l'audience publique où aucune des parties n'était présente ou représentée, Mme D a présenté son rapport et soulevé un moyen d'ordre public tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction assortie du droit au travail.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de modification des mesures ordonnées :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.
En ce qui concerne les conclusions d'injonction tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction :
4. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Isère a, postérieurement à l'introduction de la requête, mis à la disposition de M. B une attestation de prolongation d'instruction valable du 12 novembre 2024 au 13 février 2025 maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Par suite, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer une telle attestation sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'assortir l'injonction de délivrance d'un titre de séjour mention " étudiant " à titre provisoire prononcée par l'ordonnance n°2404614 du 23 juillet 2024 d'une astreinte de 200 euros par jour de retard :
5. Il est constant que le préfet de l'Isère n'a pas délivré provisoirement un titre de séjour mention " étudiant " à M. B conformément à l'injonction prononcée par l'ordonnance n°2404614 du 23 juillet 2024. La circonstance que le préfet de l'Isère a postérieurement à l'introduction de la requête, mis à la disposition de M. B une attestation de prolongation d'instruction, est sans incidence sur l'inexécution de cette injonction prescrite par le juge des référés. Par ailleurs, M. B se trouve dans une situation de précarité administrative dès lors que ne lui ont été délivrés que des attestations de prolongation d'instruction de façon discontinue. Ainsi, le préfet de l'Isère n'est pas fondé à soutenir que la condition d'urgence ne serait aujourd'hui plus réunie. Dans ces conditions, il y a lieu d'assortir l'injonction de remise à M. B d'un titre de séjour mention " étudiant " à titre provisoire d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de procès :
6. M. B bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à Me Huard sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E
Article 1er :M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :
Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'injonction tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction assortie du droit au travail.
Article 3 :L'injonction de délivrance à M. B d'un titre de séjour mention " étudiant " à titre provisoire prononcée à l'article 3 de l'ordonnance n°2404614 du 23 juillet 2024 est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 4 :M. B bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à Me Huard sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à M. B.
Article 5 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Huard et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 2 décembre 2024.
La juge des référés,
A. D
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2408620
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026