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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2408653

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408653

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCANDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2024, le département de la Haute-Savoie, représenté par le président du conseil départemental, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des occupants sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section AL n° 91 et des autres parcelles du site dit des anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, et l'évacuation de véhicules, caravanes et matériels ;

2°) d'autoriser le département de la Haute-Savoie à se faire assister par la force publique ;

3°) en cas de résistance, de condamner tout occupant au paiement d'une indemnité d'occupation d'un montant de 500 euros par jour et pour la période courant de la date du prononcé de l'ordonnance signifiée aux occupants à la date de libération effective des lieux occupés, outre les frais induits au titre des réparations des biens matériels dégradés à intervenir

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il n'existe pas de contestation sérieuse faisant obstacle à l'expulsion.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2024, M. A B et M. E C, représentées par Me Candon, demandent au juge des référés d'ordonner leur expulsion du parking situé à droite de l'entrée à compter du dimanche 5 janvier 2025 à 12 h et en tant que de besoin d'ordonner qu'ils libèrent d'ici le 24 novembre 2024 à 12 h la cour du fond où stationnent cinq caravanes, subsidiairement, leur accorder un délai de départ d'au moins 15 jours et de rejeter toutes les demandes contraires ou autres du département de la Haute-Savoie.

Ils soutiennent qu'ils ne contestent pas le caractère illicite de leur installation mais que leur expulsion ne présente pas de caractère d'urgence et d'utilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 19 novembre 2024 en présence de M. Palmer, greffier d'audience, M. Pfauwadel a lu son rapport et entendu les observations de Mme D, représentant le département de la Haute-Savoie.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré présentée par M. A B et M. E C a été enregistrée le 5 décembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Il ressort des pièces du dossier que des personnes de la communauté des gens du voyage se sont installés sur le terrain attenant aux anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, parcelle cadastrée section AL n° 91, dont le département de la Haute-Savoie est propriétaire. Ces personnes ne justifiant d'aucun titre les habilitant à occuper ce terrain faisant partie du domaine public du département, la demande d'expulsion présentée par celui-ci ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

4. Cette mesure présente un caractère d'urgence et d'utilité dès lors que des travaux de transformation du bâtiment en collège ont commencé, comportant l'évacuation du mobilier, impliquant la mise en place de bennes et la rotation quotidiennes de camions et des opérations de désamiantage, susceptibles de présenter des risques d'accident en présence des personnes occupant les lieux et à proximité immédiate d'enfants. Par suite, il y a lieu d'ordonner aux personnes occupant les lieux, à quelque endroit que ce soit, d'évacuer cette parcelle dans le délai de deux jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard pour chaque véhicule et pour chaque caravane. Il n'appartient en revanche pas au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'autoriser le département de la Haute-Savoie à recourir à la force publique.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à tout occupant sans droit ni titre du terrain attenant aux anciens bâtiments de l'IUFM à Bonneville, parcelle cadastrée section AL n° 91, d'évacuer cette parcelle dans le délai de deux jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard pour chaque véhicule et pour chaque caravane.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au département de la Haute-Savoie, à M. A B, à M. E C et à tout occupant sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section AL n° 91 à Bonneville.

Fait à Grenoble, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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