Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409024

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409024
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantALDEGUER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension du refus implicite de titre de séjour opposé à M. C par le préfet de l'Isère. Le juge a estimé que le requérant ne justifiait pas de l'urgence nécessaire à la suspension, faute d'éléments suffisants pour établir la date de dépôt de sa demande ou l'impact concret de la décision sur sa situation. En conséquence, les conclusions en injonction et celles relatives aux frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, M. A C, représenté par Me Aldeguer, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision par laquelle le préfet de l'Isère a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre audit préfet de réexaminer sa situation ou de lui délivrer le titre demandé ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il a déposé sa demande initiale en août 2022 ;

- les moyens de nature à créer un doute sérieux sont le défaut de motivation et d'examen de sa situation, la méconnaissance de l'article L. 435-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ainsi que l'erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 novembre 2024 sous le numéro 2409025 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre le refus implicite dont il se prévaut, M. C fait valoir que sa " demande initiale a été déposée en août 2022 " et qu'il exerce un métier, non précisé dans sa requête, " soumis à des difficultés de recrutement ". Parmi les 55 pièces produites et non exploitées dans les écritures du requérant, une seule apparaît de nature à établir l'existence d'une demande de titre de séjour, à savoir un récépissé de demande d'un premier titre portant la mention vie privée et familiale valable du 24 janvier 2024 au 23 avril 2024. Cette pièce demeure cependant insuffisante pour établir la date de dépôt alléguée et, plus encore, l'éventuelle urgence.

4. Par suite, les conclusions en suspension et, par voie de conséquence, celles en injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Grenoble, le 11 décembre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.