lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MIRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Miran, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 7 juin 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer
- une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " dans les deux mois ou, à défaut, d'adopter une décision explicite sur sa demande de titre de séjour dans les quinze jours suivant l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
- une attestation de prolongation d'instruction de sa demande l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance et de renouveler ce document sans discontinuer jusqu'à ce qu'une décision explicite soit adoptée sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il existe des éléments nouveaux depuis l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble du 19 août 2024 ; la mesure d'injonction de réexaminer la demande de renouvellement de son titre de séjour dans les deux mois n'a pas été exécutée ; le document provisoire de séjour délivré a expiré et n'a pas été renouvelé ;
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucune décision de refus de titre de séjour n'a été prise dès lors que des attestations de prolongation d'instruction de sa demande valable du 20 août 2024 au 19 novembre 2024 et du 25 novembre 2024 au 24 février 2025 ont été délivrées à M. B.
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2405737, enregistrée le 30 juillet 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- l'ordonnance n°2405739 du 19 août 2024 du juge des référés.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 3 décembre 2024 à 10 heures.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de Me Miran, représentant M. B, qui a indiqué à l'audience que sa demande de suspension de l'exécution de l'arrêté en litige, d'ores et déjà obtenue par l'ordonnance n°2405739 du 9 août 2024 du juge des référés, est une erreur et qu'il renonce à ces conclusions.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Arrivé mineur en France où il a bénéficié d'une formation qualifiante, M. B, ressortissant ivoirien, né en 2003, a bénéficié d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 21 avril 2023 au 20 avril 2024. Il expose que bien qu'il ait déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les délais impartis, en février 2024, aucun document provisoire de séjour ne lui a été remis à l'expiration de son titre de séjour. Par une ordonnance n°2405739 du 19 août 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a enjoint au préfet de l'Isère de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de deux mois. Dans l'attente, elle a enjoint au préfet de délivrer à M. B une attestation d'instruction l'autorisant à travailler, mise à disposition sur son compte de l'administration numérique des étrangers en France dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai.
2. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " dans les deux mois ou, à défaut, d'adopter une décision explicite sur sa demande de titre de séjour dans les quinze jours suivant l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande l'autorisant à travailler dans les quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance et de renouveler ce document sans discontinuer jusqu'à ce qu'une décision explicite soit adoptée sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
4. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet en en modifiant le délai d'exécution ou en prononçant une astreinte destinée à assurer cette exécution, l'inexécution de la décision juridictionnelle présentant le caractère d'un élément nouveau au sens des dispositions dudit article L. 521-4 du code de justice administrative.
5. Il ressort des pièces produites par la préfète de l'Isère que, postérieurement à l'introduction de sa requête, M. B a été muni d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande renouvellement de son titre de séjour valable du 25 novembre 2024 au 24 février 2025. Cette attestation ouvre à M. B les mêmes droits que le titre de séjour dont il demande de renouvellement. Il ressort également des indications de la préfète que celle-ci n'a pas entendu refuser expressément le renouvellement de son titre de séjour à M. B et qu'elle est dans l'attente, pour terminer l'instruction du dossier, d'une pièce dont la transmission ne relève pas de M. B. Dans ces conditions il ne résulte pas de l'instruction que les mesures décidées par la juge des référés, dans son ordonnance n°2405739 du 19 août 2024 nécessitent une modification.
6. Il en résulte que les conclusions de M. B formées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative doivent être rejetées.
7. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
8. M. B bénéficiant de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois celles-ci font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie la partie perdante du paiement par l'autre partie d'une somme au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Les conclusions de M. B de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Miran doivent par suite être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de M. B est rejetée.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Miran et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère
Fait à Grenoble, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24090732
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026