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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2409102

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409102

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409102
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de la justice prolongeant le placement à l'isolement de M. A au centre pénitentiaire de Valence. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'erreur d'appréciation au regard des articles R. 57-7-68 du code de procédure pénale et R. 213-22 du code pénitentiaire, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la mesure. La condition d'urgence n'a pas été examinée en raison de l'absence de moyen sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Hebmann et Me Ciaudo, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 octobre 2024 par laquelle le ministre de la justice a ordonné la prolongation de son placement à l'isolement au sein du centre pénitentiaire de Valence ;

3°) d'enjoindre au ministre de la justice d'ordonner la levée de son isolement dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de l'acte ;

- il n'est pas justifié de l'existence du rapport du directeur interrégional des services pénitentiaires, comme l'exige l'article R. 57-7-68 du code de procédure pénale ;

- le placement à l'isolement est entaché d'erreur d'appréciation dès lors qu'il n'est pas l'unique moyen de préserver la sécurité des personnes ou de l'établissement, comme l'exige l'article R. 213-22 du code pénitentiaire, à supposer les faits établis ;

- en tout état de cause, les faits qui justifient la mesure ne sont pas établis.

Par un mémoire enregistré le 4 décembre 2024, le Garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, eu égard au comportement de M. A et de la nécessité de préserver l'ordre public au sein de l'établissement ;

- aucun des moyens n'est sérieux.

Vu :

- la décision du président du tribunal désignant M. B, magistrat honoraire, comme juge des référés ;

- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2409104 ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code pénitentiaire ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties, régulièrement convoquées à l'audience publique du 5 décembre 2024 à 11 heures, ne s'y sont pas présentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sur ce fondement, M. A, incarcéré au centre pénitentiaire de Valence depuis le 16 septembre 2024, demande la suspension de l'exécution de la décision du 30 octobre 2024 du ministre de la justice le maintenant à l'isolement jusqu'au 4 février 2025.

2. En raison de l'urgence s'attachant aux procédures de référé, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 30 octobre 2024. En particulier, eu égard au comportement récent de M. A dans son ancien centre d'incarcération, elle n'apparaît pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation (CE 2 novembre 2022, n° 467601). Dès lors, la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E

Article 1er :M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :La requête de M. A est rejetée.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Hebmann et Me Ciaudo ainsi qu'au Garde des sceaux, ministre de la justice. Fait à Grenoble, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

C. B

La greffière,

E. Berot-Gay

La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409102

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