vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, des pièces complémentaires, et un mémoire, enregistrés le 22 novembre 2024 et les 3 et 5 décembre 2024 sous le n° 2409111, M. B A, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 novembre 2024 par laquelle le préfet du territoire de Belfort l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;
3°) d'annuler la décision du 16 novembre 2024 par laquelle le préfet du territoire de Belfort lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
4°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a l'assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, avec pointage quotidien et interdiction de sortir du département sans autorisation ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* sur l'arrêté n°2024-90246 portant obligation de quitter le territoire sans délai et interdiction de retour d'un an :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
* sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il est entaché d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 521-1 du CESEDA alors qu'il justifie d'un rendez-vous en préfecture de l'Isère le 9 janvier 2025 pour solliciter le réexamen de sa demande d'asile ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du CESEDA ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* sur le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
- il méconnaît les articles L. 262-1 et L. 731-1 du CESEDA alors qu'il ne présente pas de risque de fuite et que le pointage quotidien est disproportionné et fait obstacle à l'exercice de sa profession de carreleur ;
* sur l'interdiction de retour d'un an :
- l'interdiction de retour pour une durée d'un an méconnaît l'article L. 251-4 du CESEDA et le principe de libre circulation des citoyens de l'Union Européenne ;
* sur l'arrêté portant assignation à résidence :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 262-1 du CESEDA alors qu'il ne présente pas de risque de fuite et justifie d'un rendez-vous en préfecture de l'Isère le 9 janvier 2025 pour solliciter le réexamen de sa demande d'asile ;
- la mesure n'est pas nécessaire et disproportionnée en lui faisant obligation de pointer quotidiennement auprès des services de la police aux frontières d'Annemasse.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II - Par une ordonnance du 25 novembre 2024, la présidente du tribunal administratif de Besançon a transmis au tribunal administratif de Grenoble le dossier de la requête de M. B A, présentée le 18 novembre 2024.
Par cette requête, des pièces complémentaires, et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal le 25 novembre 2024 et les 3 et 5 décembre 2024 sous le n°2409387, M. B A, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 novembre 2024 par laquelle le préfet du territoire de Belfort l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;
3°) d'annuler la décision du 16 novembre 2024 par laquelle le préfet du territoire de Belfort lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
4°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a l'assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, avec pointage quotidien et interdiction de sortir du département sans autorisation ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* sur l'arrêté n°2024-90246 portant obligation de quitter le territoire sans délai et interdiction de retour d'un an :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
* sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il est entaché d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 521-1 du CESEDA alors qu'il justifie d'un rendez-vous en préfecture de l'Isère le 9 janvier 2025 pour solliciter le réexamen de sa demande d'asile ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du CESEDA ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* sur le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
- il méconnaît les articles L. 262-1 et L. 731-1 du CESEDA alors qu'il ne présente pas de risque de fuite et que le pointage quotidien est disproportionné et fait obstacle à l'exercice de sa profession de carreleur ;
* sur l'interdiction de retour d'un an :
- l'interdiction de retour pour une durée d'un an méconnaît l'article L. 251-4 du CESEDA et le principe de libre circulation des citoyens de l'Union Européenne ;
* sur l'arrêté portant assignation à résidence :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 262-1 du CESEDA alors qu'il ne présente pas de risque de fuite et justifie d'un rendez-vous en préfecture de l'Isère le 9 janvier 2025 pour solliciter le réexamen de sa demande d'asile ;
- la mesure n'est pas nécessaire et disproportionnée en lui faisant obligation de pointer quotidiennement auprès des services de la police aux frontières d'Annemasse.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galtier, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galtier, magistrate désignée ;
- les observations de Me Schürmann, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. A, assisté téléphoniquement de Mme E, interprète en langue turque.
Le préfet de la Haute-Savoie et le préfet du territoire de Belfort n'étant ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc né le 16 juin 1985, déclare être entré en France le 22 juin 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 23 avril 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 8 octobre 2021. Par un arrêté du 12 avril 2022, le préfet de Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination. Les 3 janvier, 4 mars et 24 juin 2022, l'OFPRA et la CNDA ont successivement rejeté comme irrecevables ses demandes de réexamen de sa situation au titre de l'asile. Suite à son interpellation le 16 novembre 2024 par les services de la police aux frontières à Belfort, le préfet du territoire de Belfort a, par un arrêté du même jour, obligé M. A à quitter le territoire sans délai, avec interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Par un arrêté du 16 novembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Savoie pendant quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir du département sans autorisation et obligation de se présenter quotidiennement à la police aux frontières d'Annemasse. Par ces deux requêtes, qu'il convient de joindre, M. A demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence, de prononcer l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sollicitée par M. A qui est représenté par un avocat commis d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté n°2024-90246 du 16 novembre 2024 du préfet du territoire de Belfort portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdisant le retour pour une durée d'un an :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. Renaud Nury, secrétaire général de la préfecture du Territoire de Belfort, lequel disposait d'une délégation de signature du préfet du Territoire de Belfort, par un arrêté du 31 mai 2023, régulièrement publié le 1er juin 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, l'autorisant à signer les décisions contestées.
5. En deuxième lieu, cet arrêté est régulièrement motivé en droit et suffisamment motivé en fait par l'indication du parcours de M. A depuis son arrivée sur le territoire français en 2019, ainsi que les considérations propres à sa situation personnelle et familiale. Par ailleurs, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que cet acte ne mentionne pas la demande de réexamen de sa demande d'asile formulée le 25 novembre 2024, circonstance qui est postérieure à l'édiction de la mesure contestée.
Sur les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
6. En troisième lieu, et pour les mêmes motifs que précédemment exposés, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article L. 521-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il justifie d'un rendez-vous en préfecture de l'Isère le 9 janvier 2025 pour solliciter le réexamen de sa demande d'asile politique, dès lors qu'il est constant que cette demande de réexamen a été formulée postérieurement à l'édiction de l'arrêté litigieux.
7. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants au soutient de conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français.
8. En cinquième lieu, M. A, qui ne fournit aucun autre élément que ceux ayant traits à l'instruction de ses demandes d'asile, et alors qu'il ne conteste pas, d'une part que son épouse et leurs enfants résident en Turquie, et d'autre part s'être soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement exécutoire depuis le 12 avril 2022, n'est pas fondé à soutenir que la mesure litigieuse porterait une atteinte excessive à sa vie privée et familiale protégée par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur le moyen dirigé contre le refus de lui accorder un départ volontaire :
9. En sixième lieu, il ressort de la décision attaquée que pour refuser d'accorder un départ volontaire à M. A, le préfet du territoire de Belfort s'est fondé sur le 3e de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel ; " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ". Dans ces conditions, et dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement édictée à son encontre le 12 avril 2022, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que le refus de lui accorder un départ volontaire méconnaît l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur le moyen dirigé contre l'interdiction de retour d'un an :
10. En septième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Dans ces conditions, M. A, qui fait l'objet d'un refus de départ volontaire, n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour édictée à son encontre méconnaît l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté n°2024-90246 du 16 novembre 2024 du préfet du territoire de Belfort portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdisant le retour pour une durée d'un an doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 16 novembre 2024 du préfet de la Haute-Savoie portant assignation à résidence :
12. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme C D, sous-préfète de permanence, laquelle disposait d'une délégation de signature du préfet de Haute-Savoie, par un arrêté du 29 août 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, et l'autorisant à signer les décisions contestées.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". En l'espèce, la décision portant assignation à résidence comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté comme manquant en fait.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
15. Une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations et, le cas échéant, la désignation de la plage horaire pendant laquelle l'intéressé doit demeurer dans les locaux où il réside. Les modalités de contrôle de la mesure d'assignation à résidence, quelles qu'elles soient, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
16. Pour prononcer à l'encontre de M. A, une décision d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de se présenter quotidiennement à la police aux frontières d'Annemasse, le préfet de Haute-Savoie a retenu que l'intéressé faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 16 novembre 2024, qu'il s'était vu refuser un délai de départ volontaire mais ne pouvait immédiatement quitter le territoire français, et qu'il justifiait de son identité et d'une adresse dans le département de la Haute-Savoie, ce qui permettait de considérer qu'il présentait des garanties propres à prévenir le risque qu'il se soustrait à cette obligation en attente de son exécution effective, l'éloignement de l'intéressé demeurant une perspective raisonnable. Ce faisant, le préfet de la Haute-Savoie a fait une exacte application des dispositions précitées et le moyen ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, M. A fait valoir son contrat de travail à durée indéterminée en qualité de carreleur du bâtiment conclu le 10 septembre 2024 avec une société ayant son siège à Ambilly (74) et soutient que la mesure d'assignation avec pointage quotidien l'empêche d'exercer sa profession. Toutefois, les modalités de pointage décidées dans le cadre de son assignation à résidence, à raison de cinq fois par semaine dans la commune même de résidence du requérant, qui sont nécessaires en l'espèce à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'intéressé, et alors par ailleurs que l'arrêté en litige précise que M. A peut solliciter auprès de la préfecture de la Haute-Savoie des autorisations de sortir du département, n'imposent pas de contraintes qui ne seraient pas adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent, ni portant une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir de M. A, y compris au regard des obligations professionnelles qu'il fait valoir alors que, au demeurant, il ne dispose pas d'autorisation de travail. Compte tenu de ce qui précède, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des caractères inadapté et disproportionné des modalités de contrôle de la mesure d'assignation doivent être écartés.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 16 novembre 2024 du préfet de la Haute-Savoie portant assignation à résidence doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du conseil de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête n°2409111 présentée par M. A est rejetée.
Article 3 : La requête n°2409387 présentée par M. A est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Schürman, au préfet de la Haute-Savoie, et au préfet du Territoire de Belfort.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La magistrate désignée,
F. GALTIERLe greffier,
P. MULLER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2409387
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026