lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2024, M. A E B C, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) leur a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil à compter du même jour ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en droit en méconnaissance des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle méconnaît l'exigence d'une procédure contradictoire en application de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors qu'il justifie de motifs légitimes à n'avoir pas voulu embarquer à destination du Portugal où il craint pour sa sécurité ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans l'application du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne s'applique pas aux refus de se présenter à un vol, et alors qu'il justifie d'une situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Galtier, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique Mme Galtier a présenté son rapport et constaté l'absence des parties ou de leurs représentants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B C, ressortissant angolais né le 27 février 2024, a sollicité le 3 janvier 2024 l'asile et a été placé en procédure Dublin par un arrêté du 7 juin 2024 portant remise aux autorités portugaises. Dans ce cadre, M. B C ne s'est pas présenté à l'embarquement pour son vol à destination de Lisbonne le 26 septembre 2024. La préfète du Rhône l'a par suite déclaré en fuite à compter de cette date, et a prolongé de 18 mois le délai de transfert. Par une décision du 12 novembre 2024, dont M. B C sollicite l'annulation, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret " Selon l'article D. 551-18 du même code : " " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. Cette décision prend effet à compter de sa signature. "
4. En premier lieu, il ressort de la lecture de la décision litigieuse que celle-ci vise les articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en droit doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 7 octobre 2024, l'OFII a informé l'intéressé de son intention de cesser de lui allouer les conditions matérielles d'accueil, et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de 15 jours, faculté dont a usé l'intéressé en produisant des observations écrites le 18 octobre 2024. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par les dispositions précitées de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ne peut qu'être écarté.
6. Si, en application des dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration met fin au versement de l'allocation pour demandeur d'asile lorsque le demandeur ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, ces dispositions n'ont pas et ne sauraient avoir pour effet de priver du bénéfice des conditions matérielles d'accueil le demandeur d'asile dont la situation spécifique de personne vulnérable, au sens de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, justifie de le maintenir dans ce bénéfice.
7. Tout d'abord, il est constant que le requérant ne s'est pas présenté à l'embarquement du vol qui avait été affrété pour son transfert à Lisbonne le 26 septembre 2024. Dans ces conditions, et compte tenu de la déclaration de fuite dont il a fait l'objet à compter de ce jour, c'est sans commettre d'erreur de droit que l'OFII a pu considérer qu'il se trouvait dans le cas prévu au 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour décider de cesser de lui allouer les conditions matérielles de demandeur d'asile.
8. Ensuite, si M. B C soutient qu'il se trouvait dans une situation vulnérable pour fonder légitimement son refus de se soumettre au transfert vers le Portugal, où il craindrait pour sa sécurité en raison des liens étroits entre ce pays et l'Angola, il n'apporte toutefois aucune pièce au soutien de ses allégations, alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait contesté l'arrêté de transfert édicté à son encontre le 7 juin 2024. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Dès lors les conclusions à fin d'annulation et d'injonction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de son conseil tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B D, à Me Schürmann, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La magistrate désignée,
F. GALTIER
Le greffier,
P. MULLER
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026