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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2409148

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409148

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantEXILAE AVOCATS PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Hervet, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de le convoquer à un rendez-vous pour lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de 3 jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à venir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : il se trouve dans une situation d'insécurité juridique compromettant gravement la continuité de son parcours professionnel et sa stabilité personnelle ;

- la mesure est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistrés le 6 décembre 2024, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 17 juillet 1990, est entré en France pour solliciter l'asile. Sa demande a été définitivement rejetée par une décision du 11 mai 2021 de la Cour nationale du droit d'asile. Il a fait l'objet le 20 juillet 2021 d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français et interdiction du territoire national, auquel il n'a pas déféré. Il s'est donc maintenu irrégulièrement sur le territoire français et a sollicité le 17 octobre 2024 son admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Le préfet de la Savoie lui a remis une simple attestation de dépôt de sa demande. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision "

En ce qui concerne la condition d'urgence :

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A séjourne irrégulièrement en France depuis le rejet de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile le 11mai 2021 qui a mis fin à son droit au maintien en France. Il fait d'ailleurs l'objet d'une obligation de quitter le territoire français depuis le 20 juillet 2021. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. La circonstance qu'il travaille, au demeurant en dehors du cadre légal, n'ayant pas été autorisé à séjourner et à travailler en France, reste sans incidence à cet égard.

En ce qui concerne la condition tenant à l'absence d'obstacle à l'exécution d'aucune décision :

5. De surcroit, le préfet doit être regardé comme ayant volontairement décidé de ne pas délivrer à M. A un récépissé l'autorisant à travailler. Par suite, la condition tendant à l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision n'est pas davantage remplie.

6. Il résulte de ce qui précède que les conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour l'intervention du juge des référés ne sont pas remplies en l'espèce.

Sur les conclusions au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :

7. L'Etat n'étant pas partie perdante, les conclusions de Me Hervet tendant à l'application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er :M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les conclusions en référé de la requête sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de Me Hervet en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Hervet et au ministre de l'Intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.

Fait à Grenoble, le 16 décembre 2024.

Le juge des référés,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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