Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409266
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409266 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une demande enregistrée le 27 novembre 2024 et une réplique du 3 décembre 2024, Mme A B, représentée par la SARL Novas Avocats, demande à la juge des référés de liquider provisoirement l'astreinte fixée dans l'ordonnance n° 2408893 du 22 novembre 2024 et de lui allouer une somme de 600 euros au titre des frais de procès.
Par un mémoire du 3 décembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la demande de Mme B en faisant valoir qu'il incombe à l'intéressée de déposer une nouvelle demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024 à 11 heures 45, tenue en présence de M. Ribeaud, greffier, Mme Triolet a lu son rapport et entendu les observations de Me Combes, assistant Mme B, également présente.
Me Combes explique qu'elle a adressé deux écrits à la préfecture pour obtenir l'exécution de l'ordonnance ou tout autre document permettant à la cliente de reprendre le travail ; qu'elle a écrit à la mairie de Grenoble qui a besoin d'un document de séjour et estime qu'elle ne peut faire travailler l'intéressée à la vue de la seule ordonnance de référé.
Elle ajoute que la réponse dans le mémoire en défense révèle une incompréhension qui inquiète quant aux perspectives d'exécution de sorte qu'il y a lieu d'augmenter le montant de l'astreinte.
Elle précise enfin que sa demande au titre des frais de procès est tournée contre l'Etat et fondée sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
2. Dans son article 2, l'ordonnance du 22 novembre 2024 " enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à Mme B une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard ". Cette ordonnance, rendue sur le fondement de la procédure de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a été notifiée le jour même au préfet.
3. La préfète fait valoir en défense qu'au vu de l'avis délivré par le collège des médecins de l'OFII le 20 février 2024, elle a autorisé Mme B au séjour pour une " durée de six mois " non précisée et qu'il incombe à cette dernière de déposer une nouvelle demande.
4. Toutefois, il n'est pas contesté que l'ordonnance du 22 novembre 2024 n'a été ni contestée en appel, ni exécutée. La préfète ne peut dès lors en contester le bien-fondé pour se soustraire à son exécution.
5. Au demeurant, il convient de rappeler que l'ordonnance du 22 novembre 2024 a retenu que Mme B " a bénéficié d'autorisations provisoires de séjour, renouvelées de façon discontinue, afin de recevoir des soins. La dernière autorisation a expiré le 16 novembre 2024. Mme B justifie avoir déposé le 6 août 2024 une demande de renouvellement de titre de séjour, dont il est constant qu'elle se fonde sur son état de santé et demande à se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction ". Pour s'opposer à la délivrance d'une telle attestation, le préfet faisait alors valoir que cette demande était incomplète faute de comporter l'avis du collège des médecins de l'OFII, pièce non requise pour déposer une telle demande.
6. Dans ces circonstances et alors qu'il n'est fait état d'aucune circonstance cohérente expliquant que l'ordonnance du 22 novembre 2024 n'ait pas encore été exécutée, il y a lieu de liquider provisoirement l'astreinte au montant de 100 euros par jour de retard, soit la somme de 1 000 euros pour 10 jours. L'astreinte journalière étant fixée à 200 euros par jour de retard, il n'y a pas lieu pour le moment de l'augmenter.
7. L'Etat est condamné à verser une somme de 600 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2408893 du 22 novembre 2024 est provisoirement liquidée à la somme de 1 000 euros. Cette somme sera versée à Mme B.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 600 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la demande est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au ministère public près la Cour des comptes et au préfet de l'Isère
Fait à Grenoble, le 4 décembre 2024.
La juge des référés,
A. Triolet
Le greffier,
S. Ribeaud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.