lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir :
- l'arrêté du 25 novembre 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler pendant un an ;
- l'arrêté du 25 novembre 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français a été signé par une autorité incompétente ;
- cet arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette obligation méconnaît l'article L. 233-1 du même code ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce refus est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de circuler méconnaît le droit à la libre circulation des ressortissants de l'Union européenne ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive l'assignation à résidence de base légale ;
- la décision portant assignation à résidence a été signée par une autorité incompétente ;
- cette décision n'est pas motivée ;
- cette décision méconnaît l'article L. 262-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement ;
- cette décision n'est pas nécessaire ;
- les modalités d'assignation à résidence sont disproportionnées et entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Le préfet de l'Isère a présenté un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, par lequel il conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Permingeat, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-2 et L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 9 décembre 2024 :
- le rapport de Mme Permingeat, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Schürmann, représentant M. B.
L'instruction a, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été close à l'issue de ces observations, à 14 h 21.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant hongrois, est, selon ses dires, entré en France en 2019. Interpellé par les forces de l'ordre pour une tentative de vol en réunion par effraction à Grenoble le 25 novembre 2024, il a fait l'objet, le jour même, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de circuler pendant un an ainsi que d'une assignation à résidence. Dans la présente instance, il demande l'annulation pour excès de pouvoir des deux arrêtés préfectoraux prescrivant ces différentes mesures.
Sur la demande l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Compte tenu de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au titre de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir :
3. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
4. M. B a été interpellé le 25 novembre 2024 alors qu'il avait pénétré par effraction dans une habitation et ouvrait la porte d'entrée à son complice demeuré à l'extérieur. Toutefois, lors de son audition, l'intéressé a expliqué son geste en indiquant qu'il recherchait un toit pour permettre à son complice d'y passer l'hiver et avait jeté son dévolu sur la demeure en cause après avoir remarqué qu'elle était inhabitée. Le requérant n'ayant pas été poursuivi pour ces faits, son intention délictuelle n'est pas établie. Présent en France depuis 4 ans, il ne s'était pas fait défavorablement connaître des forces de l'ordre avant cet incident. Depuis son arrivée sur le territoire national, il y a travaillé jusqu'à sa démission en juillet 2024 du poste de conducteur - production qu'il occupait en contrat à durée indéterminée pour suivre une formation de conducteur de transport en commun en cours à la date de l'arrêté en litige. Dans ces circonstances, en retenant qu'il constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société au sens des dispositions citées au point 3, le préfet de l'Isère a commis une erreur d'appréciation. Le moyen correspondant doit donc être accueilli. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu de prononcer l'annulation pour excès de pouvoir des décisions faisant obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circulation ainsi que, par voie de conséquence, l'assignant à résidence.
Sur les frais du litige :
5. M. B étant admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat, Me Schürmann, peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Schürmann renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à Me Schürmann. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les arrêtés du 25 novembre 2024 par lesquels le préfet de l'Isère a, d'une part, fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler pendant un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence sont annulés.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son avocat, Me Schürmann, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Schürmann une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le
cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Schürmann et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024
Le magistrat désigné,
F. PermingeatLe greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026