Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409370

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409370
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGAY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C, ressortissant guinéen, qui contestait le refus de l'OFII de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil pour demandeurs d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence du signataire, de défaut de motivation et de méconnaissance de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a jugé que la décision était signée par une autorité compétente, suffisamment motivée, et que la vulnérabilité du requérant avait été examinée. En conséquence, les conclusions en annulation, injonction et frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2024, M. B C, représenté par Me Gay, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 26 novembre 2024 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de lui accorder le bénéfice de cette aide dans le délai de 48 heures courant à compter de la date de notification du jugement sous astreinte journalière de 100 euros ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision en litige a été signée par une autorité incompétente ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- son état de vulnérabilité n'a pas été pris en compte en méconnaissance de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

L'OFII a présenté un mémoire enregistré le 6 décembre 2024 par lequel il conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Permingeat, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 555-1 et L. 921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 9 décembre 2024, le rapport de Mme Permingeat, magistrat désigné.

L'instruction a, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été close à l'issue de ce rapport, à 14 h 32.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant guinéen, a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile le 26 novembre 2024. Dans la présente instance, il demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du même jour par laquelle le directeur de l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir, d'injonction et d'astreinte :

3. La décision en litige a été signée par Mme A D, directrice territoriale de l'OFII, qui avait reçu, à cette fin, une délégation consentie par décision du directeur général de cet établissement public du 24 avril 2023, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte doit être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".

5. La décision en litige comporte les considérations de fait et de droit qui la fondent. Elle satisfait ainsi à l'exigence de motivation qu'imposent les dispositions citées au point 4. Le moyen tiré du vice de forme dont elle serait entachée doit donc être écarté.

6. Il résulte des éléments produits par l'OFII en défense que le requérant a fait l'objet d'un examen de vulnérabilité le 1er février 2023. Dans la mesure où il ne fait état d'aucun élément attestant du fait que sa situation aurait évolué, le moyen tiré du vice de procédure entachant la décision en litige doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, d'injonction et d'astreinte présentées par M. C, doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

8. Eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées par M. C au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Gay et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024

Le magistrat désigné,

F. PermingeatLe greffier,

G.Morand

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.