LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2409963

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409963

mercredi 2 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409963
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantMARGAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B, ressortissante kosovare, contestant l'arrêté préfectoral du 28 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. La juridiction a estimé que la décision d'éloignement était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la courte durée de son séjour (neuf mois) et de l'absence d'attaches familiales solides en France. Le tribunal a également jugé que les décisions d'interdiction de retour et de fixation du pays de destination n'étaient pas entachées d'illégalité, faute de démonstration de risques personnels en cas de retour au Kosovo. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Margat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de condamner l'Etat à la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à son conseil renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ; dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé, cette somme sera mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

* la décision d'obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur de fait ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* la décision fixant le pays de destination :

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bedelet,

- et les observations de Me Margat pour Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante kosovare née le 14 août 1995, est entrée en France le 30 janvier 2024. Le 2 février 2024, elle a formé une demande d'asile, rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 31 mai 2024 et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 29 octobre 2024. Par un arrêté du 28 octobre 2024, le préfet de l'Isère l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet de l'Isère s'est fondé, alors qu'il n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de la requérante mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Par suite, et alors que le caractère suffisant de la motivation ne dépend pas du bien-fondé des motifs que l'administration énonce, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un examen particulier et approfondi de la situation de la requérante.

4. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. En quatrième lieu, Mme B, célibataire sans enfant, n'était présente sur le territoire français que depuis environ neuf mois à la date de l'arrêté attaqué. Si elle se prévaut de la présence en France de sa cousine, elle ne le démontre pas. Elle n'établit ni même n'allègue être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie, jusqu'à l'âge de 19 ans. Par ailleurs, si elle affirme être exposée à des violences, en cas de retour dans son pays d'origine, de la part de son ancien compagnon, elle n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations et la gravité des risques encourus. Dans ces conditions et en dépit des cours de français que la requérante affirme suivre, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

7. Pour prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet de l'Isère s'est fondé sur le court séjour de Mme B en France et sur le fait que celle-ci ne se prévaut d'aucun lien personnel et familial en France. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet de l'Isère fait état d'éléments de sa situation personnelle au vu de laquelle il a fondé sa décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu de faire état de l'absence de menace à l'ordre public et l'absence de précédente mesure d'éloignement dès lors qu'il n'a pas retenu ces circonstances. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an doit être écarté.

8. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. En troisième lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 2 à 5 du présent jugement, la requérante n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an par voie de conséquence de celles portant obligation de quitter le territoire français.

10. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 5 et bien que l'intéressée n'ait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'elle ne représente pas une menace à l'ordre public, le préfet a pu légalement prononcer à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an.

Sur la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, invoquée par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

12. En second lieu, Mme B n'apporte au soutien de ses allégations aucun élément tendant à établir qu'elle serait personnellement exposée à des menaces personnelles en cas de retour au Kosovo alors, au demeurant, que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Margat et à la préfète de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Bedelet, présidente,

Mme Beytout, première conseillère,

Mme Naillon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2025.

La présidente-rapporteure,

A. Bedelet

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

E. Beytout

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions