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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2410134

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2410134

mardi 21 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2410134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 décembre 2024 et le 6 janvier 2025, la société Free mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 septembre 2024 par laquelle le maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon s'est opposé à la déclaration préalable pour l'implantation d'une station relais sur un terrain sis 12 route d'Anneyron ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Rambert-d'Albon une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que les objectifs de couverture de réseau à l'échelle du territoire national représentent un intérêt public, que les objectifs de couverture des réseaux 4G, THD et 5G imposés par l'Etat ne sont pas encore remplis par la société et que la partie du territoire dans la zone concernée n'est pas couverte par ses réseaux 3G, 4G et 5G ;

- la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article UI 2-2 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2025, la commune de Saint-Rambert-d'Albon, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'urgence n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 novembre 2024 sous le numéro 2408652 ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Palmer, greffier d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Mirabel pour la société Free Mobile et de M. A maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon.

Considérant ce qui suit :

1. La société Free Mobile a déposé en mairie, le 4 septembre 2024, une déclaration préalable de travaux en vue de l'implantation d'un pylône d'une hauteur de 33 mètres, support d'antennes de téléphonie mobile, sur un terrain situé à Saint-Rambert-d'Albon. Par arrêté du 9 septembre 2024, dont il est demandé la suspension de l'exécution, le maire de Saint-Rambert-d'Albon s'est opposé à cette déclaration préalable.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En premier lieu, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile, aux intérêts propres de la société Free Mobile qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par son réseau et à la circonstance, ainsi qu'en attestent les cartes de couverture des réseaux 3G, 4G et 5G versées à l'instance, que le territoire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon n'est que partiellement couvert par le réseau de téléphonie mobile de la société requérante, la condition d'urgence est remplie.

4. En second lieu, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'absence de méconnaissance de l'article UI 2-2 du plan local d'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2024 par laquelle le maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon s'est opposé à la déclaration préalable.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. La présente ordonnance implique nécessairement que le maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon délivre provisoirement l'attestation de non-opposition prévue à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, jusqu'au jugement au fond. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Rambert-d'Albon de procéder à cette délivrance dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de société Free Mobile, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la commune de Saint-Rambert-d'Albon, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société Free Mobile présentées sur le même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le maire de Saint-Rambert-d'Albon s'est opposé à la déclaration préalable de la société Free mobile est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Saint Rambert d'Albon de délivrer à la société Free mobile, à titre provisoire, l'attestation de non-opposition prévue à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free mobile et à la commune de Saint-Rambert-d'Albon.

Fait à Grenoble, le 21 janvier 2025.

Le juge des référés,Le greffier,

J. B M. Palmer

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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