Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2410355

mardi 27 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2410355
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi d’une demande d’exécution de son jugement du 16 avril 2024, a constaté que la préfète de l’Isère avait délivré à Mme A un titre de séjour valable et qu’il devait être tenu pour acquis que M. A avait également obtenu le sien. En conséquence, le tribunal a jugé que la demande d’exécution avait perdu son objet et qu’il n’y avait plus lieu d’y statuer, sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative. Les conclusions accessoires ont été rejetées, les requérants bénéficiant de l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande enregistrée le 27 juin 2024, Mme B C épouse A et M. D A, représentés par Me Huard, demandent au tribunal :

1°) de les admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2401307 - 2401310 du 16 avril 2024 et notamment d'assortir l'injonction prononcée dans ce jugement d'une astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par une ordonnance en date du 20 décembre 2024, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par un mémoire du 6 février 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la demande.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Triolet a lu son rapport en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Par un jugement n° 2401307 - 2401310 rendu le 16 avril 2024 et notifié le 18 avril 2024, qui n'a pas été contesté, le tribunal a annulé les arrêtés du 30 janvier 2024 par lesquels le préfet de l'Isère a refusé de délivrer à M. et Mme A un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. L'article 2 de ce jugement " enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. et Mme A un titre de séjour "vie privée et familiale", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ".

3. Il résulte des écritures non contestées de la préfète de l'Isère que Mme A s'est vu délivré un titre de séjour valable du 5 juillet 2024 au 4 juillet 2025 qu'elle a retiré le 26 juillet 2024. Il n'a pas été répondu à la demande adressée par le tribunal le 4 avril 2025 aux deux parties tendant à savoir si M. A s'était également vu délivrer un tel titre et il doit être tenu pour acquis en l'état que le jugement a également été exécuté à son égard. La demande en exécution ayant perdu son objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, alors que le jugement a été exécuté avant l'ouverture de la phase juridictionnelle et que les requérants bénéficient de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de faire droit à leur demande au titre des frais de procès.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la demande est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A, à M. D A et à la préfète de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,

M. Ban, premier conseiller,

M. Doulat, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.

La présidente-rapporteure,

A Triolet

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

J-L BanLa greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.