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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2500065

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2500065

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2500065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique 3

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C... visant à annuler le rejet implicite de son recours gracieux et à obtenir le crédit de 12 points sur son permis ainsi que la fin du statut de conducteur novice. Le tribunal a jugé que le requérant, bien qu'ayant suivi la formation initiale, ne justifiait pas avoir accompli la période obligatoire de conduite accompagnée prévue pour l'apprentissage anticipé. La décision s'appuie sur les articles L. 223-1 et L. 211-3 du code de la route, qui conditionnent la réduction du délai probatoire à deux ans et la majoration des points à l'accomplissement complet de cet apprentissage.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 janvier 2025 et régularisée le 12 janvier suivant, M. B... C... doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté son recours gracieux tendant à ce que son permis de conduire soit doté d’un solde de 12 points ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de créditer son permis de conduire d’un solde de 12 points et de lui ôter le statut de conducteur novice ;

Il soutient qu’il a effectué une formation d’apprentissage anticipé de la conduite et que son solde aurait donc dû être crédité de 3 points par année à la suite de la délivrance de son permis de conduire et le délai probatoire expirait le 23 août 2024, deux ans après sa réussite à l’examen.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le requérant ne justifie ni avoir suivi une telle formation, ni l’avoir précisé lors du dépôt de sa demande de permis de conduire.



Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A... en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de M. A... a été présenté au cours de l'audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 223-1 du code de la route : « Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. A la date d'obtention du permis de conduire, celui-ci est affecté de la moitié du nombre maximal de points. Il est fixé un délai probatoire de trois ans. Au terme de chaque année de ce délai probatoire, le permis est majoré d'un sixième du nombre maximal de points si aucune infraction ayant donné lieu à un retrait de points n'a été commise depuis le début de la période probatoire. Lorsque le titulaire du permis de conduire a suivi l'apprentissage anticipé de la conduite défini à l'article L. 211-3, ce délai probatoire est réduit à deux ans et cette majoration est portée au quart du nombre maximal de points. Le délai probatoire est en outre réduit pour le titulaire d'un premier permis de conduire qui se soumet à une formation complémentaire et ne commet durant ce délai aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points ou ayant entraîné une mesure de restriction ou de suspension du droit de conduire (…) ».

En outre, aux termes de l’article L. 211-3 du même code : « L'apprentissage anticipé de la conduite est un apprentissage particulier dispensé aux élèves âgés d'au moins quinze ans en vue de l'obtention du permis de conduire des véhicules légers. Cet apprentissage ouvre droit à une réduction du délai probatoire suivant l'obtention du permis de conduire. Il comprend, d'une part, une période de formation initiale dans un établissement ou une association agréés au titre des articles L. 213-1 ou L. 213-7 et, d'autre part, une période d'apprentissage en conduite accompagnée, sous la surveillance constante et directe d'un accompagnateur remplissant des conditions fixées par le décret mentionné à l'article L. 211-7, pendant laquelle l'élève doit parcourir une distance minimale pendant une durée minimale (…) ».


M. C... soutient qu’il a suivi une formation d’apprentissage anticipé de la conduite. Toutefois, s’il justifie avoir suivi la formation initiale requise par les dispositions précitées de l’article L. 211-3 du code de la route, il ne justifie pas avoir suivi la période d’apprentissage prévu par les mêmes dispositions. Il n’est donc pas fondé à soutenir que son permis de conduire aurait dû être crédité de 3 points par an et que sa période probatoire aurait dû être de deux années seulement.


Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C... doit être rejetée.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... et au ministre de l’intérieur.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2026.



Le magistrat désigné,

S. A...
Le greffier,

J. BONINO




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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