jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2500119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VIAL-GRELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 janvier 2025, enregistrée le jour même au greffe du tribunal, la magistrate désignée du tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme B A.
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2025 au greffe du tribunal administratif de Nancy et par un mémoire complémentaire, enregistré le 15 janvier 2025 au greffe du tribunal administratif de Grenoble, Mme B A, représentée par Me Vial-Grelier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er janvier 2025 par lequel le préfet de la Savoie a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
- la compétence de l'auteur de l'arrêté n'est pas rapportée ;
- il méconnaît les articles L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne représente pas une menace à l'ordre public et qu'elle dispose de toutes ses attaches familiales en France ;
- l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Beytout, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu et les observations de Me Vial-Grelier.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, déclare être entrée irrégulièrement en France en avril 2018. Le préfet de l'Isère a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an par un arrêté du 13 novembre 2023. Interpellée et placée en garde à vue le 31 décembre 2024 à Chambéry pour vol en réunion, le préfet de la Savoie, d'une part, l'a placée en rétention et, d'autre part, a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans par deux arrêtés du 1er janvier 2024. Par une ordonnance du 5 janvier 2025, le tribunal judiciaire de Metz l'a remise en liberté et elle a été assignée à résidence dans le département de l'Isère par la préfète de l'Isère par un arrêté du 1er janvier 2025 notifiée à l'intéressée le 6 janvier 2025. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du préfet de la Savoie du 1er janvier 2025 prolongeant l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Ludovic Trautman, directeur de cabinet du préfet de la Savoie, lequel dispose d'une délégation de signature pour les périodes de permanence à effet de signer notamment les interdictions de retour, consentie par un arrêté du préfet de la Savoie du 9 juillet 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui cite l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que l'intéressée fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai toujours exécutoire et détaille sa situation familiale, est suffisamment motivé en droit et en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai () ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai par un arrêté du 13 novembre 2023 ni contesté ni exécuté. Sa situation relève ainsi des dispositions du 1° de l'article L. 612-11 précité. Elle indique résider en France depuis 2018 mais elle n'en justifie pas et au demeurant la durée de son séjour est liée à son maintien en situation irrégulière sur le territoire français depuis cette date et en dépit de la mesure d'éloignement prise à son encontre en novembre 2023. Elle fait état d'une situation de concubinage avec un ressortissant français mais cette relation est récente. Si plusieurs membres de sa famille de nationalité française résident en France, elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans. Dans ces conditions, et alors même qu'elle ne représenterait pas une menace à l'ordre public, elle n'est pas fondée à soutenir que la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni qu'elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
9. La décision attaquée n'aura pas pour effet de la séparer de sa fille. En outre, si le père de sa fille, dont elle est séparée, réside en Seine-Saint-Denis, il s'agit également d'un ressortissant algérien en situation irrégulière. Enfin, rien ne fait obstacle à ce que sa fille, seulement âgée de cinq ans, poursuive sa scolarité en Algérie. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'intérêt supérieur de sa fille.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Savoie et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2025.
La magistrate désignée,
E. BEYTOUTLa greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026