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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2500150

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2500150

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2500150
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMARCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2409923 du 19 décembre 2024, le juge des référés du tribunal a enjoint à la préfète de l'Isère de fixer un rendez-vous à Mme A pour l'enregistrement de sa demande d'asile dans un délai de 3 jours ouvrés suivant la notification de l'ordonnance.

L'ordonnance a été notifiée le 20 décembre 2024 à la préfète de l'Isère.

Par une requête enregistrée le 7 janvier 2025, Mme A, représentée par Me Marcel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de 24 heures et de prononcer une astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle n'était pas accordé à la requérante.

Elle soutient que :

- l'inexécution du 19 décembre 2024 constitue un élément nouveau ;

- il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Isère d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de 24 heures et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 250 euros par jour de retard.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 16 janvier 2025 en présence de Mme Rouyer, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu Me Marcel, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Eu égard à l'urgence qui s'attache au jugement de la requête en référé, il y a lieu d'admettre provisoirement la requérante à l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin "

3. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant une injonction sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

4. L'inexécution par la préfète de l'Isère de l'ordonnance du 19 décembre 2024 constitue un élément nouveau au sens et pour l'application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

5. Il y a donc lieu, afin d'assurer l'exécution de l'ordonnance, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard.

ORDONNE :

Article 1er :Mme A est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :L'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2409923 du 19 décembre 2024 est assortie d'une astreinte de 100 euros.

Article 3 :L'Etat versera la somme de 500 euros à Me Marcel sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que la requérante soit définitivement admise à l'aide juridictionnelle et que Me Marcel renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Sinon, la même somme est mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifié à Mme C A, à Me Marcel et au ministre de l'Intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 16 janvier 2025.

Le juge des référés,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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