vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2501095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 février 2025 et le 18 février 2025, les sociétés Bouygues Telecom et Cellnex, représentées par Me Hamri, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 octobre 2024 par laquelle le maire de la commune de Biviers s'est opposé aux travaux objet de la déclaration préalable n° DP 038045 24 10029, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de Biviers de lui délivrer une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée le 5 avril 2024, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Biviers une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- L'urgence est caractérisée puisqu'il y a un intérêt public à la couverture du territoire national, que le site projeté permet de combler le trou de couverture et permet également d'assurer le transfert de data en raison de la saturation des stations à proximité, enfin que la décision litigieuse porte atteinte à la qualité de la couverture radiotéléphonique et fait obstacle à la continuité du service public des télécommunications.
S'agissant des moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît la force obligatoire de l'ordonnance du tribunal administratif de Grenoble du 10 octobre 2024 ;
- elle ne méconnaît pas l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme puisque le projet ne prévoit pas la réalisation d'une aire de stationnement et, qu'au surplus, le service instructeur aurait pu assortir son arrêté de non-opposition d'une prescription tendant à la suppression de la matérialisation gravillonnée de la place de stationnement sur la parcelle ;
- le projet ne porte pas atteinte à un espace boisé classé ;
- le projet s'insère dans son environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 février, le 17 février et le 18 février 2025, la commune de Biviers, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Bouygues Telecom la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le numéro 2401081.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 18 février 2025 à 14 heures.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rakotoarimanana, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu les observations de Me Cochet, pour les sociétés requérantes, et de Me Touvier, pour la commune de Biviers.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 avril 2024, la société Cellnex France a déposé une déclaration préalable de travaux en vue de l'installation d'infrastructures et d'équipements de radiotéléphonie mobile, sur un terrain situé au lieu-dit Les Evéquaux à Biviers, pour le compte de l'opérateur Bouygues Télécom. Par un arrêté du 23 mai 2024, le maire de la commune de Biviers s'est opposé aux travaux objets de la déclaration préalable. Par une ordonnance n° 2407216 du 10 octobre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'exécution de l'arrêté du 23 mai 2024 et ordonné le réexamen de cette déclaration préalable. Par un arrêté du 25 octobre 2024, le maire s'est de nouveau opposé à celle-ci. Par sa requête, la société pétitionnaire demande au tribunal de suspendre l'arrêté du 25 octobre 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence, à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension, doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour caractériser l'urgence, la société Bouygues Télécom verse une carte de couverture 4G Indoor qui révèle l'absence de couverture sur le site projeté et indique que le projet aura pour effet de décharger substantiellement les sites saturés situés à proximité. Dans ces conditions, et eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, tant 3G que 4G, la condition d'urgence doit être en l'espèce regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. Tout d'abord, si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires. Il en résulte notamment que lorsque le juge des référés a prononcé la suspension d'une décision administrative et qu'il n'a pas été mis fin à cette suspension - soit, par l'aboutissement d'une voie de recours, soit dans les conditions prévues à l'article L. 521- 4 du code de justice administrative, soit par l'intervention d'une décision au fond - l'administration ne saurait légalement reprendre une même décision sans qu'il ait été remédié au vice que le juge des référés avait pris en considération pour prononcer la suspension.
6. En l'espèce, en l'état de l'instruction, le moyen soulevé par les sociétés requérantes tiré de ce que la décision contestée, en ce qu'elle fait opposition au projet en raison de l'atteinte à un espace boisé classé et de l'absence d'insertion paysagère, méconnaît directement l'autorité qui s'attache à l'ordonnance du juge des référés du 10 octobre 2024, est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces motifs de refus.
7. En outre, le moyen tiré de ce que le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'interdiction des aires de stationnement dans les secteurs concernés par les risques de crues torrentielles, est également de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
8. Les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de la justice administrative étant remplies, il y a lieu ainsi de prononcer, à titre provisoire, la suspension de l'exécution de l'arrêté contesté du 25 octobre 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. La présente ordonnance implique nécessairement que le maire de la commune de Biviers délivre provisoirement l'attestation de non-opposition prévue à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, jusqu'au jugement au fond. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au maire de procéder à cette délivrance dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des sociétés requérantes, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Biviers et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Biviers la somme de 1 000 euros en application des dispositions en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Biviers du 25 octobre 2024 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Biviers de délivrer provisoirement une attestation de non-opposition à travaux aux sociétés Bouygues Télécom et Cellnex prévue à l'article R. 424 13 du code de l'urbanisme, jusqu'au jugement au fond dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Article 3 : La commune de Biviers versera aux sociétés requérantes la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bouygues Telecom, à la SAS Cellnex France et à la commune de Biviers.
Fait à Grenoble, le 28 février 2025.
Le juge des référés,La greffière,
J. A M. Rakotoarimanana
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026