vendredi 11 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2501101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BESSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2025, M. A D, représenté par Me Besson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Savoie de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
Sur l'arrêté attaquée pris dans son ensemble :
- le signataire de cet arrêté est incompétent ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- il a méconnu l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'arrêté contesté est entaché de l'illégalité de la décision de la commission de reconnaissance des qualifications portant refus de reconnaissance de son diplôme canadien d'entraîneur ;
- il est entaché d'une erreur de fait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code du sport ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Argentin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, de nationalité canadienne, né en 1987, est entré en France le 15 novembre 2021 et a obtenu une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " valable du 1er décembre 2021 au 30 septembre 2022, puis une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " pour la période du 13 octobre 2022 au 12 octobre 2024. Par une décision du 10 septembre 2024, le préfet de la Savoie a enjoint à M. D de cesser ses activités au motif qu'il ne disposait pas des qualifications prévues par le code du sport pour exercer la profession d'éducateur sportif. Le requérant a sollicité, le 23 octobre 2024, le renouvellement de son titre de séjour le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 10 janvier 2025, le préfet de la Savoie a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. L'arrêté en litige a été signé par Mme C B, directrice de la direction de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Savoie, qui avait reçu à cette fin, une délégation du préfet de la Savoie du 28 août 2024, régulièrement publiée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente.
3. L'illégalité d'un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. En l'espèce, l'arrêté contesté n'a pas été pris pour l'application de la prétendue décision par laquelle la commission de reconnaissance des qualifications aurait refusé de reconnaître le diplôme canadien du requérant et n'en constitue pas plus la base légale. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté est entaché de l'illégalité d'une décision de refus de reconnaissance de son diplôme.
4. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet de la Savoie s'est fondé sur la circonstance que M. D ne dispose pas des qualifications pour exercer les fonctions d'entraineur de hockey sur glace en France. Ce dernier fait valoir que son contrat de travail du 1er août 2023 permet l'exercice d'autres fonctions que celles d'entraineur de hockey sur glace. Toutefois, il ressort des stipulations de ce contrat que le requérant a été recruté par le SOC (stade olympique de Chambéry) hockey sur glace pour exercer les fonctions d'entraîneur. En outre, si le requérant fait valoir que l'autorisation de travail du 2 août 2023 n'a pas été retirée, cette dernière a été délivrée dans le cadre de l'examen et de la délivrance d'une première de carte de séjour temporaire d'une année portant la mention " salarié " valable jusqu'au 12 octobre 2024. Or, M. D a fait l'objet, le 10 septembre 2024, d'une injonction de cesser d'exercer sans délai son activité d'éducateur sportif en l'absence de qualification prévue par les dispositions du code du sport. Dans ces circonstances, le préfet de la Savoie pouvait considérer que M. D n'était pas autorisé à exercer les fonctions d'entraîneur. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du préfet de la Savoie repose sur des faits matériellement inexacts.
5. En se bornant à soutenir qu'il est présent en France avec sa famille depuis 2021, le requérant n'établit pas y avoir des liens privés anciens, intenses et stables. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs le préfet de la Savoie n'a pas davantage entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. D.
6. Si M. D allègue que ses deux enfants sont scolarisés en France, il n'est ni établi ni même allégué que ceux-ci ne pourraient poursuivre leur scolarité au Canada. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la préfète de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 20 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, présidente,
M. Argentin, premier conseiller,
Mme Naillon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2025.
Le rapporteur,
S. Argentin
La présidente,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026