lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2501175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MARGAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 février 2025, M. C D, représenté par Me Margat, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé de le remettre aux autorités suisses responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et de lui remettre le dossier de demande d'asile à retourner à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le même délai et d'enjoindre à la même autorité de l'admettre au séjour sous les mêmes conditions en qualité de demandeur d'asile, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et dans l'attente de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale ou une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou s'il n'obtient pas le bénéfice de l'aide juridictionnelle, de lui allouer cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article 29 du règlement UE 603/2013 et l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 dès lors qu'il n'a pas reçu les brochures d'information dans une langue qu'il comprend ;
- l'arrêté méconnaît les articles 11 et 13 du règlement UE n° 604/2013 dès lors qu'il ne remplissait pas les conditions pour que sa demande soit examinée par la Suisse ;
- l'arrêté méconnaît les articles 21 et suivants du règlement UE n° 604/2013 dès lors que la préfecture ne justifie pas avoir respecté les délais de procédure prévus par ces dispositions ;
- l'arrêté de remise est entaché d'une insuffisance de motivation, d'un défaut d'examen de sa situation et d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relatif à la création d'Eurodac pour la comparaison des empreintes digitales aux fins de l'application efficace du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Beytout, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Me Margat, avocate de M. D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant congolais, est entré irrégulièrement en France le 3 novembre 2024. Le 2 décembre 2024, il a déposé une demande d'asile. La préfète du Rhône a décidé de sa remise aux autorités suisses responsables de l'examen de sa demande d'asile par un arrêté du 30 janvier 2025 dont M. D demande l'annulation dans la présente instance.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen. () ". Aux termes de l'article 7 de ce règlement : " 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. () ". Ces critères sont, par ordre de priorité décroissante, ceux qui s'appliquent aux mineurs, au demandeur dont un membre de la famille a obtenu le bénéfice d'une protection internationale, dont un membre de la famille est demandeur d'une protection internationale, ou qui peut faire l'objet d'une " procédure familiale " conjointe au sens de l'article 11 du règlement, puis ceux relatifs à la délivrance de titres de séjour ou de visa, à l'entrée ou au séjour sur le territoire d'un Etat membre en provenance d'un Etat tiers, à l'entrée sur le territoire d'un Etat membre sous exemption de visa, ou à la demande présentée dans une zone de transit international d'un aéroport.
5. D'autre part, aux termes de l'article 11 du même règlement : " Lorsque plusieurs membres d'une famille () introduisent une demande de protection internationale dans un même Etat membre simultanément, ou à des dates suffisamment rapprochées pour que les procédures de détermination de l'Etat membre responsable puissent être conduites conjointement, et que l'application des critères énoncés dans le présent règlement conduirait à les séparer, la détermination de l'Etat membre responsable se fonde sur les dispositions suivantes : / a) est responsable de l'examen des demandes de protection internationale de l'ensemble des membres de la famille (), l' Etat membre que les critères désignent comme responsable de la prise en charge du plus grand nombre d'entre eux ; / b) à défaut, est responsable l'Etat membre que les critères désignent comme responsables de l'examen de la demande du plus âgé d'entre eux. ". Sont considérés comme des membres de la famille en vertu de l'article 2 du même règlement le conjoint du demandeur.
6. En l'espèce, il est constant que M. D est le conjoint de Mme E A B. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B a déposé sa demande d'asile en France le 15 mars 2024 et que les autorités suisses ayant déjà accepté de réadmettre l'intéressé le 27 mars 2024, la procédure de détermination de l'Etat membre responsable de sa demande d'asile était déjà arrivée à son terme à la date de l'arrêté attaqué. M. D est ainsi fondé à soutenir que sa situation n'entrait pas dans le champ de l'article 11 du règlement précité. L'arrêté attaqué est dès lors entaché d'une erreur de droit et M. D est fondé à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique seulement que la préfète du Rhône procède au réexamen de la situation de M. D et lui délivre une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui impartir un délai de deux mois pour procéder à ce réexamen et un délai de huit jours pour le munir d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
8. Sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera la somme de 900 euros à Me Margat en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 30 janvier 2025 est annulé.
Article 3: Il est enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera la somme de 900 euros à Me Margat en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Margat et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2025.
La magistrate désignée,
E. BEYTOUTLa greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026