mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2501752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BASSET |
Vu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 18 février 2025, M. B A, représenté par Me Basset, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé son transfert aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisante motivation ;
- il est entaché de l'incompétence de sa signataire ;
- la préfète du Rhône doit justifier que la décision des autorités portugaises de reprise existe ;
- rien ne permet de retenir que le délai de trois mois, mentionné à l'article 21 du règlement Dublin III, tel qu'interprété par un arrêt du 20 décembre 2018 de la Cour administrative de Lyon, a été respecté ; il en va de même du délai de deux mois ;
- la préfète aurait dû instruire sa demande d'asile en application de l'article 17 du règlement ; elle s'est méprise en s'abstenant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire à son égard ; l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sa vie au Portugal est menacée par son cousin pour un motif familial caractérisant une situation humanitaire faisant obstacle à sa remise aux autorités portugaises.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les décisions de transfert en application de l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné, au cours de l'audience publique du 28 février 2025, à 11 heures, a appelé l'affaire et présenté son rapport. Me Basset a présenté des observations pour M. A. La préfète du Rhône n'est ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité bangladaise âgé de 28 ans, a présenté une demande d'asile, le 15 novembre 2024. La consultation du fichier européen Vis a révélé qu'il était titulaire d'un visa délivré par les autorités portugaises valide jusqu'au 2 octobre 2024. L'autorité préfectorale a alors saisi les autorités de ce pays d'une demande de prise en charge, le 21 novembre 2024. Le Portugal ayant donné son accord le 16 janvier 2025, la préfète du Rhône a pris, le 11 février 2025, un arrêté ordonnant la remise de M. A aux autorités du Portugal dont il demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
4. En premier lieu, la mesure d'éloignement contestée a été signée par Mme E F, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté préfectoral du 11 février 2025 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône. Le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de l'obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
6. En l'espèce, la décision attaquée mentionne, outre des éléments portant sur la situation de M. A, que les autorités portugaises ont été saisies le 21 novembre 2024 d'une demande de reprise en charge en application de l'article 12 du règlement (UE) n°604/2013. Elle indique clairement, ce faisant, le critère de ce règlement dont il est fait application. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
7. En troisième lieu, il ressort de pièces produites par la préfète du Rhône que la requête de reprise en charge a été adressée aux autorités portugaises le 21 novembre 2024 et que leur accord explicite est intervenu le 16 janvier 2025. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision de transfert serait entachée d'un vice de procédure doit être écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé sa demande d'asile en France le 15 novembre 2024, demande placée sous procédure Dublin en raison d'un visa périmé depuis moins de 6 mois délivré par les autorités portugaises. La préfète du Rhône produit l'accusé de réception, par le point d'accès national portugais, établissant que le Portugal était saisi d'une demande de prise en charge le 21 novembre 2024 dans le délai des 3 mois prévu à l'article 21 du règlement Dublin. Les autorités portugaises ont par la suite donné leur accord explicite pour la réadmission de l'intéressé le 16 janvier 2025, soit dans le délai de 2 mois suivant la demande de prise en charge qui leur avait été adressée, conformément à l'article 22 du règlement. Dès lors, les délais de saisine et de réponse prévus par ces deux articles ont été respectés.
9. En cinquième lieu, selon l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par le 1. de l'article 17 du règlement n°604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
10. M. A soutient que sa demande d'asile doit être instruite en France en raison d'un risque pour sa vie en cas de retour au Portugal du fait d'un conflit familial avec son cousin qui y réside. Toutefois, il n'apporte aucun commencement de démonstration à l'appui de ses allégations. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône a méconnu les dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 en s'abstenant de faire usage du pouvoir discrétionnaire qu'elle détient pour procéder à l'examen de sa demande d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
11. En dernier lieu, M. A invoque la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à raison de ce conflit qui ferait peser, selon lui, un risque pour sa vie en cas de remise aux autorités du Portugal. Toutefois, ce pays étant un Etat partie à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il est présumé s'y conformer. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridique provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Basset et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
Le magistrat désigné,La greffière,
Mme D Mme C
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026