LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2501779

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2501779

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2501779
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKORN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 24 février 2025, M. E A, représenté par Me Korn, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté n° 2025-JK- 056 du 11 février 2025 par lequel la préfète de l'Isère l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et l'a obligé à se présenter deux fois par semaine, les lundis et mercredis à 8 heures, à la gendarmerie de Voreppe afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation prise à son encontre ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- la requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire :

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et approfondi de sa situation ;

- il méconnaît le droit à être entendu, tiré de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 de ce code.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné, au cours de l'audience publique du 28 février 2025, à 11 heures, a appelé l'affaire et a présenté son rapport. Me Bazin, substituant Me Korn, a présenté des observations pour M. A, lui-même présent et assisté d'un interprète en langue anglaise, M. B.

Me Bazin ajoute que M. A a un contrat de travail depuis le mois de juillet 2024 et que ses horaires et ses conditions de travail en tant que plaquiste ne lui permettent pas de se rendre à la gendarmerie de Voreppe, deux fois par semaine à 8 heures pour pointer. Il est ajouté que sa compagne a la qualité de réfugiée et qu'elle est enceinte.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Postérieurement à l'audience, M. A a transmis une note en délibéré au tribunal.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A est un ressortissant nigérian, âgé de 30 ans. Par arrêté du 1er décembre 2022, le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par arrêté du 11 février 2025, la préfète de l'Isère l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

4. En premier lieu, la décision a été signée par Mme Charlène Dusquenay, secrétaire générale adjointe de la préfecture de l'Isère, qui bénéficiait à ce titre d'une délégation de signature accordée par le préfet par un arrêté du 25 novembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les textes applicables, rappelle le prononcé d'une obligation de quitter le territoire français et indique que l'éloignement de l'intéressé demeure une perspective raisonnable, comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent. Il ne ressort pas de la décision que la préfète ne se serait pas livrée à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant qui lui était soumise. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation de M. A doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été entendu par les services de police, le 11 février 2025. Selon le procès-verbal d'audition produit au dossier, il a été interrogé sur sa situation administrative et familiale en France, a été mis en mesure de faire valoir les éléments tenant à sa situation personnelle. En tout état de cause, il ne justifie d'aucun élément, qui s'il avait été connu de l'administration, aurait pu faire obstacle à la décision d'assignation à résidence en litige, dans son principe même. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée cette décision, au motif qu'il n'aurait pas été mis à même de présenter ses observations sur l'éventualité d'une décision d'assignation à résidence doit être écarté.

7. En quatrième lieu, l'obligation, telle que définie par l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'information, sous la forme d'une remise d'un formulaire, des droits et obligations de l'étranger à l'occasion de la notification d'une assignation à résidence est sans incidence sur la légalité de cette décision. Par suite, le moyen est inopérant et doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

9. Il ressort de l'arrêté attaqué et des pièces versées au dossier par les services de la préfecture que M. A n'a pas exécuté une obligation de quitter le territoire français en date du 1er décembre 2022 prononcée par le préfet de l'Isère et qui lui a été notifiée le 12 décembre 2022. Ainsi, l'autorité préfectorale a pu à bon droit l'assigner à résidence dans le délai légal de trois ans résultant des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En dernier lieu, M. A doit être regardé comme ayant invoqué lors de l'audience un moyen nouveau tiré du caractère disproportionné des mesures de pointage. Il ressort des pièces du dossier qu'il a signé un contrat de travail le 8 juillet 2024 avec la société Defitplaco pour exercer un emploi de plaquiste. L'article 3 de son contrat de travail indique que ses fonctions impliquent des déplacements professionnels chez les clients aux fins de réalisation de chantiers et que ces déplacements devront être effectués quelles qu'en soient la fréquence et la durée. Selon son contrat de travail, M. A est astreint à une durée de travail de 35 heures par semaine et sera amené à effectuer des horaires supplémentaires. Or il ressort que l'arrêté attaqué impose au requérant de se présenter les lundis et mercredis à 8 heures, à la gendarmerie de Voreppe en charge des pointages afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence. M. A, qui réside 1 rue de la Vallée Fertile à Fontanil-Cornillon, soutient que les jours et heures de pointage coïncident avec ses heures de travail, ce que la préfète de l'Isère ne conteste pas. Dans ces conditions, la mesure d'assignation prise à l'encontre du requérant avec l'obligation de se présenter suivant ces modalités présente un caractère disproportionné par rapport à sa situation professionnelle. Ces modalités de contrôle étant divisibles de la mesure d'assignation elle-même, il y a lieu d'annuler l'arrêté attaqué uniquement en tant qu'il les prévoit.

Sur les conclusions présentées au titre des frais de justice :

11. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par M. A au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 11 février 2025 par lequel la préfète de l'Isère a assigné M. A à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours est annulé en tant qu'il fixe les obligations de présentation les lundis et mercredis à 8 heures à la gendarmerie de Voreppe.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Korn et à la préfète de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.

Le magistrat désigné,La greffière,

Mme D Mme C

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions