vendredi 29 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2502545 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ARNAUD BASTID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2025 et des mémoires du 2 juin, 16 juillet et 26 août 2025, M. et Mme A, représentés par Me Bastid, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° DP07420924H0040 du 30 octobre 2024 par lequel le maire de la commune de Peillonnex ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par M. B sur le terrain cadastré section OA n° 1552 et 1873, ensemble la décision de rejet du recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Peillonnex une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 mai et 24 juillet 2025, M. et Mme B, représentés par Me Lorichon, concluent au rejet de la requête et demandent que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2025, la commune de Peillonnex, représentée par Me Gonnet, concluent au rejet de la requête et demandent que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme :
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.".
2. M. et Mme B ont déposé le 23 septembre 2024 en mairie de Peillonnex une déclaration préalable pour la pose d'une clôture par une grille rigide de couleur verte d'une hauteur de 1,2 m sur la propriété cadastrée section OA n° 1552 et 1873, classée en zone UA du plan local d'urbanisme de la commune. Par un arrêté en date du 30 octobre 2024, le maire de la commune de Peillonnex ne s'est pas opposé aux travaux déclarés. M. et Mme A sont propriétaires d'une habitation sur la parcelle cadastrée section OA n° 1658 et voisins immédiats de M. et Mme B. Ils indiquent bénéficier d'une servitude conventionnelle de passage d'une largeur de 5 m sur les parcelles de M. et Mme B pour l'accès à leur propriété.
Sur l'intérêt pour agir :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. "
4. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie en principe d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Pour justifier de leur intérêt pour agir, les requérants soutiennent que la pose de la clôture va diminuer de manière très importante leur possibilité d'accès à la servitude de passage et invoquent le caractère " particulièrement disgracieux " de cette clôture au droit de leur propriété.
6. Toutefois, il ressort des pièces du dossier en premier lieu que, d'une part, le dossier de déclaration préalable mentionne explicitement que la pose de la clôture respectera les droits de passage des autres usagers du chemin. Les pièces du dossier de déclaration préalable font d'ailleurs état de la servitude de 5 m. D'autre part, l'autorisation a été délivrée sous respect des droits des tiers et il n'appartient qu'au juge judiciaire de vérifier le respect des conditions de la servitude conventionnelle dont se prévalent les requérants. Par suite, l'invocation des droits tirés de la servitude invoquée ne saurait leur conférer un intérêt pour agir.
7. En second lieu, si les requérants invoquent le caractère " particulièrement disgracieux " de cette clôture, il ressort au contraire des pièces du dossier que cette clôture est constituée d'une grille rigide de couleur verte d'une hauteur de 1,2 m suffisamment ajourée pour permettre une vue à travers. Par suite, et dans les circonstances de l'espèce, au vu de l'ensemble des pièces du dossier, l'invocation des caractéristiques esthétiques de la clôture ne saurait conférer aux requérants intérêt pour agir.
8. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir doit être accueillie.
Au surplus sur le fond :
9. Pour demander l'annulation de la décision contestée, les requérants soutiennent en premier lieu qu'elle méconnait l'article U3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Ils font valoir que le chemin Pose Perret est une voie ouverte à la circulation publique qui rend l'article U3.1 applicable et que l'autorisation délivrée aura pour effet de créer un danger certain pour la sécurité des usagers de cette voirie et pour l'accès à leur propriété, en raison d'un accès réduit de 5 m et d'une visibilité réduite.
10. Aux termes de l'article U3.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " L'autorisation d'occupation du sol (permis de construire, d'aménager) sera conditionnée par la prise en compte dans la desserte, du risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant les accès créés ou existant. Cette sécurité doit être appréciée au regard de la position de l'accès, des conditions de visibilité, de la configuration, de l'utilisation projetée ainsi que de l'intensité du trafic La délivrance de l'autorisation d'occuper le sol peut être subordonnée à la réalisation de voies privées ou de tous autres aménagement particuliers spécifiques nécessaires au respect des conditions de sécurité mentionnées ci-dessus "
11. Si les requérants soutiennent que le chemin Pose Perret est une voie ouverte à la circulation publique, ils se bornent à de simples allégations alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. B, co-propriétaire du terrain d'assiette du chemin Pose Perret, soutient en défense n'avoir jamais eu l'intention d'ouvrir au public le chemin lequel n'a pour objet que de desservir les parcelles du lotissement en conséquence d'une servitude de passage conventionnelle. Il fait également valoir que les ordures ménagères sont collectées sur la voie publique et non sur le chemin Pose Perret. Par suite, le caractère de voie ouverte à la circulation publique n'est pas établi par les pièces du dossier. Dès lors, l'article U3.1 est inapplicable et le moyen doit être écarté comme inopérant.
12. En second lieu, les requérants invoquent la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme selon lequel " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Ils soutiennent que le grillage apparait " particulièrement disgracieux " et porte atteinte à l'harmonie du lotissement et à l'intérêt des paysages.
13. Il ressort des pièces du dossier que la clôture est une grille rigide de couleur verte d'une hauteur de 1,2 m suffisamment ajourée pour permettre une vue à travers. Elle est posée au sein d'un lotissement qui ne présente aucune caractéristique particulière et au sein d'un environnement naturel qui ne présente aucune caractéristique remarquable. Elle ne pose donc aucun problème de sécurité et ne porte atteinte ni aux lieux avoisinants ni au paysage environnant. Par suite, le moyen n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
14. Il résulte de ce qui précède que la requête ne peut qu'être rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du procès :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros à verser tant à la commune de Peillonnex qu'à M. et Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront la somme de 1 500 euros à M. et Mme B et la somme de 1 500 euros à la commune de Peillonnex sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A, à M. et Mme B et à la commune de Peillonnex.
Fait à Grenoble, le 29 août 2025.
Le président,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026