lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2504152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 17 avril 2025, sous le numéro 2504152, M. A D, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2025 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de procéder au réexamen de sa situation ou de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, dans cette attente, un récépissé de demande de carte de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2025, la préfète de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 17 avril 2025, sous le numéro 2504153, Mme C E épouse D, représentée par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2025 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de procéder au réexamen de sa situation ou de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, dans cette attente, un récépissé de demande de carte de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2025, la préfète de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Coutarel, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D, ressortissants albanais nés respectivement en 1987 et en 1989, sont entrés en France le 22 janvier 2020 accompagnés de leurs trois enfants nés en 2014, 2015 et 2018. Ils ont présenté des demandes d'asile qui ont été rejetées en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) respectivement le 28 novembre 2020 et le 12 décembre 2021. Par des arrêtés du 15 septembre 2020, dont la légalité a été confirmée par des jugements du tribunal administratif de Grenoble du 5 novembre 2020 puis par la cour administrative d'appel de Lyon le 2 septembre 2021, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de leur délivrer un titre de séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par arrêté du 6 août 2021, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Grenoble du 24 novembre 2021, le préfet de la Haute-Savoie leur a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Le 22 juillet 2022, M. et Mme D ont fait l'objet d'un deuxième arrêté portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour d'un an. Le 24 décembre 2024, ils ont présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 11 mars 2025, dont ils demandent l'annulation, le préfet de la Haute-Savoie a rejeté leurs demandes, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et les a interdits de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
2. Les requêtes ont été présentées par des conjoints et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de M. et de Mme D, d'admettre à titre provisoire ces derniers à l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. M. et Mme D font valoir leur durée de présence en France, 5 ans à la date des décisions attaquées, la présence et la scolarisation de leurs enfants, ainsi que leur intégration sociale.
6. Toutefois, la durée de présence des intéressés en France est due à leur maintien en situation irrégulière en méconnaissance des obligations de quitter le territoire français qui leur ont été notifiées, ce qui ne témoigne pas d'une bonne intégration en France, laquelle suppose le respect des lois de la République et des décisions de justice. Les requérants ainsi que leurs enfants ont tous la même nationalité et rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstruisent hors de France ou que les enfants du couple poursuivent leur scolarité en Albanie. Par suite, les requérants ne font état d'aucune circonstance rendant impératif leur maintien, à titre dérogatoire, sur le territoire national.
7. les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L.423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils auraient demandé un titre de séjour sur ce fondement.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
9. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment au point 6.
En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de ce que les décisions portant interdiction du territoire français seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction qu'ils ont présentées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Les conclusions présentées par M. et Mme D, parties perdantes dans la présente instante, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme D sont admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des requêtes de M. et Mme D sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C E épouse D, à Me Blanc et à la préfète de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025.
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2504152-2504153
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026