Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 avril et 5 août 2025 sous le n° 2504251, M. C... B..., représenté par Me Combes, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, à verser à son conseil, ce dernier renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle ou, dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à lui verser cette somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation.
Elle soutient que la requête est dépourvue d’objet dès lors qu’elle a statué sur la demande du requérant.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 28 août 2025.
II. Par une requête et un mémoire supplémentaire, enregistrés les 27 juin et 5 août 2025 sous le n°2506726, M. C... B..., représenté par Me Combes, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler les décisions du 22 mai 2025 par lesquelles la préfète de l’Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai d’une semaine à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de supprimer son inscription au fichier Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, à verser à son conseil, ce dernier renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle ou, dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à lui verser cette somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d’un vice de forme au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- sa présence en France ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que, pouvant prétendre à un titre de plein droit sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne pouvait pas faire l’objet d’une mesure d’éloignement ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 10 septembre 2025.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, présidente,
- les conclusions de Mme Coutarel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Combes.
Considérant ce qui suit :
M. C... B..., ressortissant marocain, est entré en France en décembre 2017, selon ses déclarations. Il a bénéficié d’un visa long séjour à compter d’août 2017 puis a obtenu un titre de séjour étudiant valable jusqu’au 12 décembre 2019. Il a sollicité, le 30 octobre 2023, la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé sur cette demande par la préfète de l'Isère pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet, dont M. B... demande au tribunal de prononcer l’annulation par une requête enregistrée sous le n°2504251. Par un arrêté du 22 mai 2025, dont le requérant demande l’annulation par une requête enregistrée sous le n° 2506726, la préfète de l’Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans.
Les requêtes n° 2504251 et 2506726, présentées par M. B..., présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision implicite de rejet :
Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
Ainsi, les conclusions et les moyens dirigés contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par l’administration sur la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B... le 31 octobre 2023 doivent être regardés comme dirigés contre la décision du 22 mai 2025, qui s’y est substituée, par laquelle la préfète de l'Isère a expressément rejeté cette demande. Par suite, la préfète de l'Isère n’est pas fondée à soutenir que la requête n°2504251 a perdu son objet.
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 22 mai 2025 :
Aux termes de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ».
En l’espèce, la décision contestée ne comporte pas la mention du prénom et du nom de son auteur. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l’arrêté méconnaît une formalité substantielle et à en demander l’annulation.
Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l’arrêté du 22 mai 2025 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte:
Eu égard au motif d’annulation retenu par le présent jugement, il y a seulement lieu d’enjoindre à la préfète de l’Isère, sur le fondement de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, de réexaminer la situation de M. B... dans un délai de trois mois, à compter de la date de notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de cette notification. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
M. B... a été admis au bénéficie de l’aide juridictionnelle, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Combes, avocate de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Combes de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 22 mai 2025 de la préfète de l'Isère est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l’Isère de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par M. B... dans un délai de trois mois courant à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement.
Article 3 : L’État versera à Me Combes, avocate de M. B..., la somme de 1 000 euros au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’elle renonce à percevoir la contribution de l’État à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B..., à Me Combes, au ministre de l’intérieur et à la préfète de l’Isère.
Délibéré après l’audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rizzato, présidente,
Mme Permingeat, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.
La présidente,
C. Rizzato
L’assesseure la plus ancienne
F. Permingeat
Le greffier,
M. A...
La République mande et ordonne à la préfète de l’Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 avril et 5 août 2025 sous le n° 2504251, M. C... B..., représenté par Me Combes, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, à verser à son conseil, ce dernier renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle ou, dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à lui verser cette somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation.
Elle soutient que la requête est dépourvue d’objet dès lors qu’elle a statué sur la demande du requérant.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 28 août 2025.
II. Par une requête et un mémoire supplémentaire, enregistrés les 27 juin et 5 août 2025 sous le n°2506726, M. C... B..., représenté par Me Combes, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler les décisions du 22 mai 2025 par lesquelles la préfète de l’Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois et, dans l’attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai d’une semaine à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de supprimer son inscription au fichier Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, à verser à son conseil, ce dernier renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle ou, dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à lui verser cette somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d’un vice de forme au regard des dispositions de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- sa présence en France ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que, pouvant prétendre à un titre de plein droit sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne pouvait pas faire l’objet d’une mesure d’éloignement ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 10 septembre 2025.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, présidente,
- les conclusions de Mme Coutarel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Combes.
Considérant ce qui suit :
M. C... B..., ressortissant marocain, est entré en France en décembre 2017, selon ses déclarations. Il a bénéficié d’un visa long séjour à compter d’août 2017 puis a obtenu un titre de séjour étudiant valable jusqu’au 12 décembre 2019. Il a sollicité, le 30 octobre 2023, la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé sur cette demande par la préfète de l'Isère pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet, dont M. B... demande au tribunal de prononcer l’annulation par une requête enregistrée sous le n°2504251. Par un arrêté du 22 mai 2025, dont le requérant demande l’annulation par une requête enregistrée sous le n° 2506726, la préfète de l’Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans.
Les requêtes n° 2504251 et 2506726, présentées par M. B..., présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision implicite de rejet :
Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
Ainsi, les conclusions et les moyens dirigés contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par l’administration sur la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B... le 31 octobre 2023 doivent être regardés comme dirigés contre la décision du 22 mai 2025, qui s’y est substituée, par laquelle la préfète de l'Isère a expressément rejeté cette demande. Par suite, la préfète de l'Isère n’est pas fondée à soutenir que la requête n°2504251 a perdu son objet.
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 22 mai 2025 :
Aux termes de l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ».
En l’espèce, la décision contestée ne comporte pas la mention du prénom et du nom de son auteur. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l’arrêté méconnaît une formalité substantielle et à en demander l’annulation.
Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l’arrêté du 22 mai 2025 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte:
Eu égard au motif d’annulation retenu par le présent jugement, il y a seulement lieu d’enjoindre à la préfète de l’Isère, sur le fondement de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, de réexaminer la situation de M. B... dans un délai de trois mois, à compter de la date de notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de cette notification. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
M. B... a été admis au bénéficie de l’aide juridictionnelle, par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Combes, avocate de M. B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Combes de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 22 mai 2025 de la préfète de l'Isère est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l’Isère de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par M. B... dans un délai de trois mois courant à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement.
Article 3 : L’État versera à Me Combes, avocate de M. B..., la somme de 1 000 euros au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu’elle renonce à percevoir la contribution de l’État à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B..., à Me Combes, au ministre de l’intérieur et à la préfète de l’Isère.
Délibéré après l’audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rizzato, présidente,
Mme Permingeat, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.
La présidente,
C. Rizzato
L’assesseure la plus ancienne
F. Permingeat
Le greffier,
M. A...
La République mande et ordonne à la préfète de l’Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.