lundi 19 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2504743 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | KORN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, M. D A, Mme B A, M. C A, représentés par Me Korn, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L.521-4 et L. 911-7 du code de justice administrative:
- 1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire;
- 2°) d'augmenter l'astreinte fixée par l'ordonnance du 11 avril 2025 à 200 euros par jour de retard ;
- 3°) de prononcer la liquidation de l'astreinte de 50 euros par jour de retard fixée par l'ordonnance du 11 avril 2025, soit 950 euros au 5 mai 2025, à parfaire;
- 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à leur Conseil renonçant, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ; de dire que, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne serait pas accordé aux requérants par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 1 500 euros serait mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- A ce jour, la préfecture n'a pas respecté l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025 ; il s'agit d'un fait nouveau ;
- l'ordonnance du 11 avril 2025 fixait une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 17 avril, soit à l'expiration du délai de trois jours ouvrés dont disposait la préfète de l'Isère pour l'exécuter ; à la date du présent recours, la préfète de l'Isère accuse donc 19 jours de retard dans
l'exécution de cette décision ; l'astreinte due par la préfète de l'Isère s'élève donc à la somme de 950 euros.
La requête à été communiquée à la préfète de l'Isère qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 15 mai 2025 à 14H00 en présence de Mme Berot-Gay, greffière d'audience, M. Vial-Pailler a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Korn, avocate des requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. D A, Mme B A, M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de modification des mesures ordonnées :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.
4. Par une ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025, le juge des référés a enjoint à la préfète de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. D A, Mme B A, M. C A pour l'enregistrement de leurs demandes d'asile dans le délai de trois jours ouvrés suivant la notification de son ordonnance, et a assorti cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 17 avril 2025.
5. Il n'est pas contesté par la préfète de l'Isère, qui n'a pas produit d'écritures en défense, que le rendez-vous prévu initialement le 26 mai 2025 pour l'enregistrement de la demande d'asile de M. D A, Mme B A, M. C A a été maintenu à cette date malgé l'intervention de l'ordonnance du juge des référés du 11 avril 2025. L'inexécution par la préfète de l'Isère de l'injonction prononcée à l'article 2 du dispositif de l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025 est constitutive d'un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il y a lieu de modifier le dispositif de l'article 2 de l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025 en enjoignant à la préfète de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. D A, Mme B A, M. C A pour l'enregistrement de leurs demandes d'asile dans le délai de 24 heures suivant la notification de la présente ordonnance. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du 20 mai 2025.
Sur les conclusions tendant à la liquidation de l'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif ". Aux termes de l'article L. 911-7 dudit code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
7. Par l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025, le juge des référés a enjoint à la préfète de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. D A, Mme B A, M. C A pour l'enregistrement de leurs demandes d'asile dans le délai de trois jours ouvrés suivant la notification de son ordonnance. Cette injonction était assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 17 avril 2025. Il n'est pas contesté par la préfète de l'Isère, qui n'a pas produit d'écritures en défense, que le rendez-vous prévu initialement le 26 mai 2025 pour l'enregistrement des demandes d'asile a été maintenu à cette date malgé l'intervention de l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025. Il s'est ainsi écoulé 32 jours entre le 17 avril 2025 et la date d'édiction de la présente ordonnance, soit le 19 mai 2025. Il y a lieu, compte tenu des circonstances de l'espèce, de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée au taux de 50 euros par jour, tout en la modérant à la somme de 1 000 euros au bénéfice de M. D A, Mme B A, M. C A.
Sur les frais liés au litige :
8 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Korn renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. D A, Mme B A, M. C A à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à Me Korn. Dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne leur serait pas accordée, cette somme sera versée aux requérants.
O R D O N N E
Article 1er : M. D A, Mme B A, M. C A sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le dispositif de l'article 2 de l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025 est modifié ainsi : " Il est enjoint à la préfète de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. D A, Mme B A, M. C A pour l'enregistrement de leurs demandes d'asile dans le délai de 24 heures suivant la notification de la présente ordonnance. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du 20 mai 2025. ".
Article 3: : L'astreinte fixée par l'ordonnance n° 2503769 du 11 avril 2025 est provisoirement liquidée à la somme de 1 000 euros au bénéfice de M. D A, Mme B A, M. C A.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 600 euros à Me Korn sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de M. D A, Mme B A, M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne leur serait pas accordée, cette somme sera versée aux requérants.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, Mme B A, M. C A, à Me Korn et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère et au ministère public près la Cour des Comptes en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative.
Fait à Grenoble, le 19 mai 2025.
Le juge des référés,
C. Vial-Pailler
La greffière,
E. Berot-Gay
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026