LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2505217

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2505217

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2505217
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCLEMENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de M. B..., ressortissant marocain, qui contestait un arrêté préfectoral du 24 avril 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de douze mois. Le tribunal a d'abord écarté l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet, jugeant que la requête conservait son objet malgré le départ de l'intéressé. Il a ensuite rejeté la demande d'aide juridictionnelle provisoire pour défaut de dépôt dans les délais requis. Sur le fond, le tribunal a notamment examiné l'argument tiré de l'autorité de chose jugée d'un précédent jugement du 19 avril 2025 ayant annulé un premier arrêté, mais a estimé que cela n'entachait pas la légalité du nouvel arrêté. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. B..., sans qu'il soit fait droit à ses demandes d'annulation, d'injonction ou de frais de justice. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 611-1, L

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai et 11 août 2025, M. A... B..., représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 24 avril 2025 par lequel le préfet de la Drôme l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant douze mois ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Drôme de procéder à l’effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et d’en justifier dans un délai d’un mois ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées n’ont pas été signées par une autorité compétente ;

S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise en méconnaissance de l’autorité absolue de chose jugée ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d’erreur d’appréciation dans son application ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation quant à la menace à l’ordre public que représenterait son comportement ;
- elle est illégale dès lors qu’il peut bénéficier de plein droit d’un titre de séjour portant la mention « étudiant » ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision d’éloignement ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d’erreur d’appréciation dans leur application ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision d’éloignement ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision d’éloignement ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il n’a jamais fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation ;
- la durée de l’interdiction de retour est disproportionnée.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 1er et 29 août 2025, le préfet de la Drôme conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
M. B... n’a pas entendu contester ce second arrêté et a pris ses dispositions pour quitter le territoire dès le 29 avril 2025 ;
les moyens soulevés ne sont pas fondés.




Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d’emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tocut ;
- et les observations de Me Clément, représentant M. B....


M. B..., ressortissant marocain né le 3 novembre 2006, demande l’annulation de l’arrêté du 24 avril 2025 par lequel le préfet de la Drôme l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois.

Sur l’aide juridictionnelle provisoire :

L’article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. Sous réserve des troisième et avant-dernier alinéas du présent article, il statue dans un délai de six mois à compter de l'introduction du recours. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au plus tard lors de l'introduction de son recours (...) ».

M. B... ne justifie pas avoir déposé une demande d’aide juridictionnelle au plus tard lors de l’introduction de son recours. Par suite, sa demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire doit être rejetée.

Sur l’exception de non-lieu à statuer :

L’arrêté du 24 avril 2025 en litige, qui n’a été ni retiré ni abrogé, a produit des effets puisque M. B... l’a exécuté en quittant le territoire français et qu’il fait l’objet d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen et d’une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, la requête conserve son objet et l’exception de non-lieu à statuer doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Par un jugement du 19 avril 2025, la magistrate désignée du tribunal administratif de Grenoble a annulé l’arrêté du 2 avril 2025 par lequel le préfet de la Drôme a prononcé à l’encontre de M. B... une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de quitter le territoire français. Ce jugement était fondé, notamment, sur la circonstance que M. B... était titulaire d’un visa de long séjour portant la mention « mineur scolarisé » l’autorisant à séjourner en France jusqu’au 4 juillet 2025, et qu’il ne pouvait donc pas faire l’objet d’une décision d’éloignement ni sur le fondement du 1° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni sur le fondement du 2° de l’article L. 611-1 du même code. Ce motif, sur le fondement duquel la magistrate désignée a refusé de procéder à la substitution de base légale demandée par le préfet du 1° par le 2° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, était le support nécessaire du dispositif de ce jugement auquel s’attache l’autorité absolue de la chose jugée, laquelle s’attache également à ses motifs.

Or, par l’arrêté en litige, le préfet de la Drôme a, une nouvelle fois, prononcé à l’égard de M. B... une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 2° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à une date à laquelle son visa de long séjour n’était toujours pas expiré. Le préfet n’a fondé cette mesure d’éloignement sur aucune autre disposition, et notamment pas sur celle qui permet de prononcer l’éloignement d’un étranger dont le comportement constituerait une menace pour l’ordre public. Ce faisant, le préfet de la Drôme a méconnu l’autorité de chose jugée par le jugement du tribunal du 19 avril 2025, et sa décision doit être annulée pour ce motif, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens soulevés contre elle.

Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise à l’encontre de M. B... le 24 avril 2025, doit être annulée. Doivent également être annulées, ensemble et par voie de conséquence, les décisions du même jour portant refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Aux termes de l’article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ». Aux termes de l’article R. 613-7 du code précité : « Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ». Enfin selon l’article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : « Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription / (…) ».
L’exécution du présent jugement implique, en application des dispositions précitées, la suppression du signalement de M. B... aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans les conditions prévues à l’article 7 du décret du 28 mai 2010 précité. Il y a dès lors lieu d’enjoindre au préfet de la Drôme de procéder à cette suppression dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :


Article 1er : M. B... n’est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : L’arrêté du préfet de la Drôme du 24 avril 2025 est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Drôme de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dont fait l’objet M. B... dans les conditions fixées par le présent jugement, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification.

Article 4 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à Me Clément et au préfet de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Bedelet, présidente,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Tocut, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.


La rapporteure,




C. Tocut
La présidente,





A. Bedelet




Le greffier,




P. Muller

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.




Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions