vendredi 3 octobre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2506029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PIEROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2025, M. A... C..., représenté par Me Pierot, demande au tribunal :
d’annuler l’arrêté du 17 avril 2025 de la préfète de la Haute-Savoie refusant de renouveler son titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
d’enjoindre à la préfète de la Haute-Savoie de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle « vie privée et familiale » dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et et, dans l’attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard
de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C... soutient que sa requête est recevable et :
Sur le refus de titre de séjour :
la décision est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte ;
la commission du titre de séjour aurait dû être saisie en application de l’article L. 423-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la décision est entachée d’un défaut d’examen complet et sérieux ;
elle méconnaît l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
Sur l’obligation de quitter le territoire français :
l’illégalité du refus de titre de séjour prive de base légale la décision ;
la décision est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte ;
la décision est entachée d’un défaut d’examen complet et sérieux ;
elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
elle méconnaît l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
l’illégalité du refus de titre de séjour prive de base légale l’obligation de quitter le territoire français et donc la décision ;
la décision est entachée d’incompétence de l’auteur de l’acte ;
la décision est entachée d’un défaut d’examen complet et sérieux ;
elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique le rapport de Mme Akoun ainsi que les observations de Me Pierot, représentant M. C....
Considérant ce qui suit :
M. C..., ressortissant albanais né le 20 novembre 1993, demande au tribunal l’annulation de l’arrêté du 17 avril 2025 par lequel la préfète de la Haute-Savoie a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ».
Il ressort des pièces du dossier que M. C... est présent en France depuis neuf ans à la date de l’arrêté attaqué. Si une obligation de quitter le territoire français a été prise à son encontre en juillet 2017 après le rejet de sa demande d’asile déposée le 22 février 2016, sa situation a ensuite été régularisée par l’octroi d’un titre de séjour valable du 29 septembre 2020 au 28 septembre 2021, renouvelé du 29 septembre 2021 au 28 septembre 2023. Il a ensuite régulièrement séjourné en France pendant les deux années qu’ont duré l’instruction de sa demande de renouvellement. L’essentiel de sa durée de séjour conséquente en France a ainsi été acquise régulièrement. Au cours de ces neuf années de présence sur le territoire, l’intéressé a obtenu un master de mathématiques appliquées au titre de l’année universitaire 2019-2020. Dans la continuité de l’obtention de ce diplôme, il a exercé une première activité professionnelle chez Allianz, d’août à décembre 2020, puis a travaillé, de mars 2021 à juin 2023, pour diverses entreprises dans le cadre de missions d’intérim. À compter du 1er septembre 2023, il a conclu un contrat à durée indéterminée avec la société Basic Fit, tout en poursuivant parallèlement une formation aux fonctions de cariste, sanctionnée par l’obtention du certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (CACES) en juin 2024. Il a enfin été recruté par la société Somfy en novembre 2024, d’abord en contrat à durée déterminée puis, à compter du 1er avril 2025, en contrat à durée indéterminée. Par ailleurs, les nombreuses attestations circonstanciées produites au dossier émanant de collègues, amis ainsi que de membres de la famille de son ancienne compagne de nationalité française, manifestent une remarquable insertion en France, où il doit être regardé comme ayant fixé le centre de ses intérêts. Eu égard à l’ensemble de ces éléments et notamment aux conditions particulièrement favorables de son séjour, M. B... est fondé à soutenir que le refus de séjour a été pris en méconnaissance des dispositions précitées . Par suite, il doit être annulé, tout comme l’obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination qui en procèdent, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions d’injonction :
Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que la préfète de la Haute-Savoie délivre à M. C... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et le mette en possession, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans des délais respectifs de deux mois et huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l’instance :
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État une somme de 1 200 euros à verser à M. C... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
L’arrêté attaqué du 17 avril 2025 de la préfète de la Haute-Savoie est annulé.
Il est enjoint à la préfète de la Haute-Savoie de délivrer à M. C... un titre de séjour « vie privée et familiale » et de le mettre en possession, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans des délais respectifs de deux mois et huit jours à compter de la notification du présent jugement.
L’État versera à M. C... la somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le présent jugement sera notifié à A... B... et à la préfète de l’Isère.
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Savouré, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
Mme Akoun, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2025.
La rapporteure,
E. Akoun
Le président,
B. Savouré
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026