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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2507260

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2507260

mercredi 30 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2507260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCANS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a pris acte du désistement de Mme B épouse A de ses conclusions en suspension et en injonction, après que la préfète de l'Isère a délivré une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de certificat de résidence algérien. La requérante, ressortissante nigériane, contestait le rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour en tant que parent d'enfant français. Le tribunal a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a condamné l'État à verser 600 euros à son avocate sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. La décision applique les articles L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2025, Mme C B épouse A, représentée par Me Cans, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle la préfète de l'Isère a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, de lui délivrer, à titre provisoire, un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans et, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros qui sera versée à Me Cans sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2025 la préfète conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir qu'aucune décision n'a été prise, que l'instruction se prolonge en raison du caractère incomplet du dossier et qu'elle a délivré à Mme B le 21 juillet 2025 une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 20 octobre 2025.

Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2025, Mme B épouse A a déclaré se désister de ses conclusions à l'exception de celles relatives aux frais non compris dans les dépens.

Vu :

- la requête n°2507261, enregistrée le 11 juillet 2025, par laquelle Mme B épouse A demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Triolet, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 29 juillet 2025 à 11 heures en présence de Mme Rakotoarimanana, greffière d'audience, Mme Triolet a lu son rapport en l'absence des parties.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissante nigériane, née en août 1975, Mme B dit être entrée en France en 2015. Elle justifie qu'elle était en dernier autorisée au séjour en qualité de parent d'enfant français par un titre pluriannuel de deux ans,valable jusqu'au 15 mai 2025. Elle en a demandé le renouvellement le 28 février 2025.

2. Compte tenu de l'urgence qu'il y a à statuer sur le recours de Mme B, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

3. Mme B s'est désistée de ses conclusions en suspension et en injonction. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

4. Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros à verser à Me Cans sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er: Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de Mme B.

Article 3 :L'Etat versera une somme de 600 euros à Me Cans sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à Me Cans et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 30 juillet 2025,

La juge des référés,

A. Triolet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25072602

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