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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2507463

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2507463

mardi 29 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2507463
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBLANC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, ressortissant russe, contestant le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a jugé que la décision de l'OFII était suffisamment motivée et fondée sur un examen particulier de la situation, conformément aux articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a estimé que la vulnérabilité alléguée par M. A, liée à un droit de visite limité pour sa fille et à des problèmes de santé non établis, n'était pas démontrée. En conséquence, la requête a été rejetée dans son intégralité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2025, M. C A, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 15 juillet 2025 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 21 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dès lors que sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2025, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 29 juillet 2025 à 14h00, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14 h 10.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant russe, déclare être entré en France le 25 septembre 2014. Par une décision du 29 janvier 2016, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 14 mars 2017, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile enregistrée le 3 décembre 2014. Par un arrêté du 13 septembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 15 juillet 2025, M. A a sollicité le réexamen de sa demande d'asile et le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la décision attaquée du 15 juillet 2025, l'OFII a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature ".

4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes et énonce les considérations de fait sur lesquelles elle s'est fondée, en particulier la circonstance que le requérant présente une demande de réexamen de sa demande d'asile. De plus, les termes de l'arrêté contesté témoignent du fait qu'avant de prendre sa décision, l'OFII a examiné la situation personnelle et familiale du requérant et ses besoins. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation doivent être écartés.

5. En second lieu, M. A justifie disposer d'un droit de visite de sa fille âgée de neuf ans, née d'une précédente union. Toutefois, alors que la résidence principale de l'enfant est fixée chez la mère, son droit de visite s'exerce les samedis des semaines paires et les dimanches des semaines impaires, de 10h00 à 16h00, et ne comprend pas de nuitées. Au surplus, il ne justifie pas des liens maintenus avec sa fille. De plus, s'il a déclaré lors son entretien de vulnérabilité du 15 juillet 2025 avoir des problèmes de santé, il n'en établit pas la réalité. Dès lors, la seule circonstance qu'il est isolé n'est pas de nature à établir une situation de vulnérabilité. Par ailleurs, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 21 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, dès lors que celles-ci ont été transposées en droit français. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 21 de la directive précitée doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er :M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :La requête de M. A est rejetée.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Blanc et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.

La magistrate désignée,

L. B

La greffière,

L. Rouyer

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2507463

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