jeudi 7 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2507789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par requête et un mémoire, enregistrés le 25 juillet 2025 et le 4 août 2025 sous le n° 2507789, M. A C, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 25-260-601 du 21 juillet 2025 par lequel le préfet de la Drôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois et l'arrêté n° 25-260-604 du même jour, par lequel le préfet de la Drôme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, dans le département de la Drôme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- son droit à être entendu résultant des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;
- l'arrêté est entaché d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation du fait son insertion par le travail ;
- la décision le privant de tout délai de départ volontaire est entachée de l'illégalité de la mesure d'éloignement ; elle est, en elle-même, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation du fait de circonstances particulières et qu'il ne présente aucun risque de soustraction à la mesure d'éloignement ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français est entachée de l'illégalité de la mesure d'éloignement et d'une insuffisante motivation, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires enregistrés les 4 et 5 août 2025, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par requête enregistrée le 25 juillet 2025 sous le n° 2507791, M. A C, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 25-260-604 du 21 juillet 2025 par lequel le préfet de la Drôme l'a assigné à résidence dans le département de la Drôme pour une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- il est entaché d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- les dispositions de l'article L. 731-1 du même code ont été méconnues ;
- les modalités de l'assignation à résidence du fait de son éloignement de la commune de Die, sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de son droit à une vie privée et familiale s'exerçant désormais en France.
Par des mémoires enregistrés les 4 et 5 août 2025, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les arrêtés attaqués et les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme F en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La magistrate désignée a, au cours de l'audience publique du 5 août 2025, à 14 heures, a appelé l'affaire et a présenté son rapport.
Les parties ne sont ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur ses conclusions, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A C.
2. Les requêtes susvisées qui concernent la situation de M. C ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions en annulation :
3. M. A C, ressortissant marocain âgé de 39 ans, déclare être entré en France le 12 décembre 2021. Le 21 juillet 2025, il a été auditionné par la brigade de gendarmerie de Die. Par arrêté du 21 juillet 2025, le préfet de la Drôme lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de six mois. Par un arrêté du même jour, il a été assigné à résidence dans le département de la Drôme pour une durée de 45 jours renouvelable.
En ce qui concerne le moyen commun aux arrêtés attaqués :
4. Par un arrêté du 19 mai 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de la Drôme a donné à M. D E, directeur des collectivités, de la légalité et des étrangers de la préfecture, délégation pour signer tous actes relatifs à la police des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, M. C soutient qu'il n'a pu présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision contestée, en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Cependant, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (arrêt C-141/12 et C-372/12 du 17 juillet 2014), que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations par une autorité d'un Etat membre est inopérant. En outre, une atteinte au droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, à la supposer invoquée, n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce, M. C affirme qu'il n'a pas été en mesure de faire état de l'entièreté de sa situation. Toutefois, d'une part, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle retrace son parcours personnel et notamment sa situation administrative et que, d'autre part, il a été auditionné le 21 juillet 2025 par la brigade de gendarmerie de Die et a été invité à exprimer son point de vue quant à l'éventualité de l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français à son encontre, alors qu'il ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision en litige et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du principe général du droit de l'Union européenne garantissant à toute personne le droit d'être entendue préalablement à l'adoption d'une mesure individuelle l'affectant défavorablement, ne peuvent qu'être écartés.
6. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les motifs de droit et de fait qui la fondent. En outre, elle indique les considérations de fait caractérisées par les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé en France, en particulier la circonstance qu'il travaille de manière irrégulière à défaut de toute demande d'autorisation de travail. Par suite, le préfet de la Drôme n'a entaché sa décision ni d'un défaut de motivation ni d'une erreur de droit tirée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. M. C déclare résider en France depuis le 12 décembre 2021. Toutefois, célibataire et sans charge de famille, il ne fait état d'aucune insertion dans la société française et d'aucune attache familiale tandis qu'il a vécu l'essentiel de sa vie au Maroc et en Italie, pays dans lequel il a vécu de manière essentiellement irrégulière. En France, s'il justifie d'un contrat de travail établi à effet du 1er février 2024 comme aide à la personne et d'un contrat à durée déterminée entre le 18 avril 2024 et le 20 mai 2025 en tant qu'employé de cuisine, ceux-ci ont été conclus en dehors de toute autorisation de travail. Enfin, M. C n'a pas cherché à régulariser sa situation administrative. Dans ces circonstances, et alors même qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Drôme n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris l'arrêté attaqué et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur ce point.
En ce qui concerne la décision le privant de tout délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. C ne peut invoquer cette illégalité, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".
11. Pour priver le requérant d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Drôme a retenu qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la décision l'obligeant à quitter le territoire français et qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière. M. C ne conteste pas être entré en situation irrégulière en France et ne pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il fasse état de circonstances particulières qui l'en auraient empêché, quand bien même son employeur l'a déclaré comme vivant à son domicile et a versé des cotisations patronales. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
12. En premier lieu, la mesure d'éloignement n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
14. La décision contestée mentionne notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
16. L'intéressé soutient avoir des liens avec la France puisqu'il justifie d'un contrat de travail, expose ne pas avoir fait l'objet d'une mesure d'éloignement, ne pas constituer une menace pour l'ordre public et affirme que son employeur, une personne âgée de 75 ans, sera privé de son aide dans sa vie quotidienne. Toutefois, ces éléments ne constituent pas des circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, en interdisant à M. C de retourner sur le territoire français pour une durée, non de douze mois, mais de six mois, le préfet de la Drôme n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Selon l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
18. En premier lieu, l'arrêté portant assignation à résidence comporte les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Il mentionne notamment que M. C a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire du même jour pour laquelle il ne lui a pas été accordé de délai de départ volontaire et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Ces éléments suffisaient pour prononcer cette mesure. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision manque en fait. En outre, le préfet de la Drôme a examiné la situation personnelle et familiale du requérant. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle doit être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est remis aux étrangers assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 une information sur les modalités d'exercice de leurs droits, les obligations qui leur incombent et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'une aide au retour () ". Aux termes de l'article R. 732-5 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".
20. Il résulte de ces dispositions que la remise du formulaire doit s'effectuer au moment de la notification de la décision d'assignation à résidence ou, au plus tard, lors de la première présentation de l'étranger aux services de police ou de gendarmerie. Dès lors, il s'agit d'une formalité postérieure à l'édiction de la décision d'assignation à résidence. Dans ces conditions, et alors que la légalité d'un acte s'apprécie à la date de son édiction, le moyen tiré de ce que M. C n'a pas reçu l'information prévue par l'article L. 732-7 ne peut qu'être écarté. En tout état de cause, l'intéressé s'est vu remettre ce formulaire qu'il a lui-même signé le 21 juillet 2025.
21. En troisième lieu, en se bornant à faire valoir que cette décision d'assignation à résidence n'est pas justifiée par une perspective d'éloignement raisonnable et que le préfet de la Drôme ne démontre pas que des diligences auraient été effectuées en vue de son départ, le requérant n'apporte aucun élément permettant de caractériser l'absence de perspective raisonnable d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
22. En dernier lieu, l'assignation à résidence de M. C dans le département de la Drôme l'oblige à se présenter deux fois par semaine, les lundi et jeudi à 9 heures, à la brigade de gendarmerie située 23 avenue de la Division du Texas à Die. L'intéressé soutient qu'il n'a pas de moyen de transport pour s'y rendre et que ses conditions d'emploi comme assistant de vie s'y opposent. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment de son contrat de travail conclu avec Mme B que ses modalités d'exécution l'empêchent de se rendre deux fois par semaine à Die. D'autre part, il ne ressort pas des pièces produites dans l'instance que M. C ne peut pas se rendre à Die, distante d'environ 13 kms de son lieu d'hébergement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Albertin et au préfet de la Drôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2025.
Le magistrat désigné,La greffière,
C. F L. Perrard
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2507789 et 2507791
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026