lundi 15 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2509297 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | POULET-MERCIER-L'ABBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2025, M. B, représenté par Me Poulet-Mercier-Labbé, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 8 juillet 2025 par lequel la maire d'Echirolles l'a autorisé à prolonger son activité au-delà de la limite d'âge jusqu'au 7 août 2025, de l'arrêté du même jour par lequel la maire d'Echirolles l'a admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 8 août 2025, ainsi que de la décision du 7 août 2025 rejetant son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Echirolles de le placer dans une position statutaire régulière en le réintégrant en surnombre à compter du 8 août 2025, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Echirolles le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée par l'atteinte immédiate à sa situation résultant de la diminution de moitié de ses revenus sans avoir pu bénéficier d'un délai suffisant pour préparer sa retraite et alors qu'il doit faire face à des charges courantes, de loyer notamment, élevées, que la diminution de ses revenus ne lui permet pas de couvrir ; il est en outre privé de toute possibilité de poursuivre son activité professionnelle ;
- l'urgence est également caractérisée par le refus explicite de la collectivité de le maintenir en surnombre jusqu'au 1er octobre 2025, et par les conséquences psychologiques de la situation ;
- l'arrêté de prolongation d'activité est illégal en l'absence de demande préalable de sa part ;
- la décision refusant d'autoriser une prolongation d'activité jusqu'au 30 septembre 2025 n'est pas motivée, en méconnaissance du 7° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté portant mise à la retraite est intervenu alors que la commune n'a pas accompli toutes les diligences prévues à l'article 59 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 et n'a pas recueilli au préalable l'avis favorable de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, laquelle n'a, en outre, pas été informée de la reconstitution de carrière opérée pour la période du 1er février 2023 à novembre 2024 ;
- cet arrêté, qui peut être regardé comme une mise à la retraite d'office, n'est pas motivé et est dépourvu de base légale ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 septembre 2025 sous le numéro 2509296 par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance du 24 octobre 2024, un juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'exécution d'une décision implicite du 19 juin 2024 par laquelle le maire d'Echirolles avait refusé de réintégrer M. B, alors placé en disponibilité d'office, sur un poste d'éducateur territorial des activités physiques et sportives. En conséquence de cette ordonnance, le maire d'Echirolles, par un arrêté du 11 décembre 2024, a placé M. B en surnombre à compter du 1er novembre 2024 puis, après un recours de l'intéressé, à compter du 1er février 2023, par un nouvel arrêté de régularisation du 31 janvier 2025. M. B a formé, le 25 avril 2025, un nouveau recours gracieux à l'encontre de ce dernier arrêté, afin de contester les modalités financières de sa reconstitution de carrière. Par une décision du 17 juin 2025, le maire d'Echirolles a rejeté les demandes à caractère pécuniaire formées par M. B puis, constatant que ce dernier avait atteint le 3 mai 2025 la limite d'âge de 67 ans sans avoir toutefois été en mesure de solder l'intégralité de ses droits à congés, il a informé l'agent qu'il serait exceptionnellement autorisé, afin de liquider ses droits à congés, à rester en position d'activité au-delà de la limite d'âge, jusqu'au 7 août 2025 inclus, avant d'être admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 8 août 2025. Par un premier arrêté du 8 juillet 2025, le maire d'Echirolles a ainsi autorisé M. B à prolonger son activité à compter du 3 mai 2025 et jusqu'au 7 août 2025 puis, par un second arrêté du même jour, M. B a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 8 août 2025. Par un nouveau recours gracieux du 25 juillet 2025, l'agent a demandé l'autorisation de prolonger son activité jusqu'au 30 septembre 2025, ce que le maire a refusé par une décision du 7 août 2025. M. B demande au juge des référés de suspendre les effets des deux arrêtés du 8 juillet 2025 ainsi que de la décision du 7 août 2025 de rejet de son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En premier lieu, l'arrêté du 8 juillet 2025 autorisant la prolongation d'activité de M. B au-delà de la limite d'âge de 67 ans n'a aucun effet préjudiciable sur sa situation personnelle ou financière, de sorte qu'aucune urgence à le suspendre ne peut être caractérisée.
5. En deuxième lieu, ni l'arrêté admettant M. B à faire valoir ses droits à la retraite ni la décision refusant de l'autoriser à prolonger son activité du 8 août 2025 au 30 septembre 2025 n'ont, par eux-mêmes, pour effet de priver l'agent de toute rémunération, alors qu'il ressort du courrier du 7 août 2025, lequel n'est sérieusement contredit par aucune pièce, que la commune a constitué auprès de l'organisme de retraite un dossier complet pour son agent, incluant notamment, contrairement à ce qui est soutenu, l'ensemble des effets de la reconstitution de carrière à laquelle il a été procédé pour la période du 1er février 2023 à novembre 2024. Ce même courrier précise, ce qui n'est pas davantage contesté, que la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales a confirmé être en capacité de traiter le dossier et que le seul obstacle à l'effectivité de la mise en paiement de la pension tient à l'absence de signature par M. B de la demande de pension, document signé par la commune le 8 juillet 2025 et transmis au requérant, qui produit lui-même cette pièce non signée de sa part. Par ailleurs, si M. B se prévaut également d'une copie d'écran d'un échange électronique qu'il aurait eu avec les services de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail, lui confirmant la prise en compte de la date du 1er octobre 2025 pour son départ à la retraite, il ressort des termes de cet échange que cette date a été fixée à sa demande. Dans ces conditions, M. B, qui ne prétend pas avoir une carrière incomplète, qui n'a pas demandé à son employeur l'autorisation, qui n'est au demeurant pas de droit, de prolongation d'activité antérieurement au 3 mai 2025, date à laquelle il a atteint la limite d'âge, et qui s'est abstenu de signer le document qui lui aurait permis de percevoir au plus tôt sa pension, s'est lui-même placé dans la situation financière dont il se plaint pour caractériser une situation d'urgence, alors qu'il n'est par ailleurs ni démontré, ni même allégué, que le montant prévisible de sa pension ne lui permettrait pas de couvrir ses charges incompressibles, la circonstance que le traitement lui ayant été versé par la commune pour la période du 1er au 7 août 2025 soit inférieur au montant de son loyer n'étant pas suffisante à cet égard, dès lors que ce traitement avait vocation à être complété par la pension servie à l'agent.
6. En troisième lieu, si M. B invoque également, pour caractériser l'urgence, les conséquences sur son état psychologique des décisions attaquées, il ne ressort toutefois pas des pièces médicales versées au dossier qu'il souffrirait d'une " myocardie de stress " du fait de ces décisions, alors que la pièce produite au soutien de cette affirmation, intitulée " synthèse scintigraphie myocardique de stress/repos ", est seulement le compte-rendu d'une évaluation de sa fonction coronarienne réalisée au moyen d'un examen ayant fait alterner une situation d'effort (" stress ") et de repos.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à la commune d'Echirolles.
Fait à Grenoble, le 15 septembre 2025.
La juge des référés,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026