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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2510868

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2510868

jeudi 16 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2510868
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNDOYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait une injonction à la préfète de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction et de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la situation d'urgence particulière requise pour ce type de procédure n'était pas caractérisée, les inquiétudes de l'employeur et de la famille de l'intéressé ne justifiant pas une intervention dans le délai de quarante-huit heures. Il a également relevé que M. A... pouvait saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 pour contester une éventuelle décision implicite de refus de séjour. La demande de frais de justice a été rejetée, l'Etat n'étant pas partie perdante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2025, M. A..., représenté par Me Ndoye, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, une injonction à la préfète de l’Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction et de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Savouré, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Si M. A... fait valoir que sa demande de renouvellement de titre de séjour est instruite depuis le 6 juillet 2024 et a donné lieu à la délivrance de trois attestations de prolongation d’instruction dont la dernière expire le 22 octobre 2025, rien ne fait obstacle à ce que l’intéressé saisisse le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative en vue de solliciter, s’il s’y crois fondé, la suspension d’une décision implicite de refus de séjour dont il ferait l’objet et les mesures d’injonction dont il estimera utile de demander le prononcé. Les inquiétudes légitimes de son employeur et de la famille de l’intéressé ne caractérisent néanmoins pas une urgence telle qu’elle rendrait nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans le délai de quarante-huit heures. Dans ces conditions la requête de M. A... doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de l’Etat, qui n’est pas partie perdante, la somme que M. A... demande au titre des frais non compris dans les dépens.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.


Fait à Grenoble, le 16 octobre 2025.








Le juge des référés,





B. Savouré




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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