Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2510944

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2510944
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDIOUF

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante sénégalaise, pour obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de séjour "vie privée et familiale". En cours d'instance, la préfète de l'Isère a délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 27 janvier 2026. Par conséquent, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête, devenues sans objet, et a rejeté les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2025, Mme C... D... A..., représentée par Me Diouf, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner à la préfète de l’Isère de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction, en attendant le renouvellement de sa carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le 28 octobre 2025, elle a délivré à Mme A... une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 27 janvier 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., 1ère vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante sénégalaise, bénéficiait d’une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 4 mai 2025. Le 23 avril 2025, elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. N’ayant pas obtenu de récépissé autorisant provisoirement son séjour et assorti du droit au travail, Mme A... a introduit une requête en référé mesures utiles afin d’obtenir cette attestation.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».

Il résulte de l’instruction que postérieurement à l’enregistrement de la requête, le 28 octobre 2025, la préfète de l’Isère a accordé à Mme A..., une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 27 janvier 2026. Dans ces conditions, la demande d’injonction de Mme A... est devenue sans objet, de sorte qu’il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme demandée au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :
Il n’y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction de la requête de Mme A....

Article 2 :
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... D... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera délivrée à la préfète de l’Isère.


Fait à Grenoble, le 9 décembre 2025.

La juge des référés,




M. B...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.