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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2512147

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512147

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512147
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCHURMANN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi par M. B... sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative pour demander l'exécution d'une précédente ordonnance du 15 septembre 2025. Cette ordonnance enjoignait à la préfète de l'Isère de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour, ce qu'elle n'a pas fait. Constatant ce défaut d'exécution non justifié, le juge a modifié l'ordonnance initiale en fixant un nouveau délai de quinze jours pour le réexamen, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 600 euros à M. B. au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Schürmann, demande au juge des référés :

1°) d’assortir l’injonction prononcée par l’ordonnance n°2508693 du 15 septembre 2025 tendant au réexamen de sa demande de renouvellement de titre de séjour d’une astreinte de 200 euros par jour de retard passé un délai de 15 jours sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative ;

2°) de condamner l’Etat au versement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la préfète de l’Isère n’a pas réexaminé sa demande de renouvellement de titre de séjour.

La requête a été communiquée à la préfète de l’Isère qui n’a pas produit de mémoire.


Vu :
l’ordonnance du juge des référés n° 2508693 du 15 septembre 2025 et n° 2510439 du 29 octobre 2025 ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 3 décembre 2025 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Schürmann pour M. B....
La préfète de l’Isère n’était ni présente ni représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience à 10h14.


Considérant ce qui suit :

Par une ordonnance n° 2508693 du 15 septembre 2025, le juge des référés du présent tribunal a suspendu l’exécution de la décision implicite de la préfète de l’Isère refusant de renouveler le titre de séjour de M. B... et a enjoint à la préfète de l’Isère de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification de l’ordonnance, et, dans l’attente, de lui délivrer un document provisoire justifiant de la régularité de son séjour et l’autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance.

Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».

Lorsqu’une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, d’assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l’exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l’absence d’exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l’administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d’exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.

Il n’est pas contesté qu’au jour de la présente ordonnance, la préfète de l’Isère n’a pas procédé au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B... qui doit se manifester, par une décision expresse sur le droit au séjour de l’intéressé, mesure ordonnée par le juge des référés sans que cette inexécution ne soit justifiée par aucune circonstance particulière. Ce défaut d’exécution constitue une circonstance nouvelle justifiant la modification de cette ordonnance en application des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative.


Dans ces conditions, il y a lieu de modifier le dispositif de l’ordonnance n° 2508693 du 15 septembre 2025 en enjoignant à la préfète de l’Isère de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B... dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Sur les frais de procès :

Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l’Etat à verser à M. B... une somme de 600 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.






O R D O N N E


Article 1er :
Il est enjoint à la préfète de l’Isère de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B... et de prendre une décision explicite, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et d’assortir cette mesure d’une astreinte de 50 euros par jour de retard.

Article 2 :
L’Etat versera à M. B... une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Me Schürmann et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.









Fait à Grenoble, le 22 décembre 2025.






La juge des référés,

A. Bedelet
Le greffier,

P. Muller



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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