Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512156

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512156
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantPORET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme C... d’une demande d’injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour. Après l’enregistrement de la requête, la préfète de l’Isère a accordé un rendez-vous à l’intéressée, rendant sans objet les conclusions principales. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur cette demande et a rejeté les conclusions accessoires présentées au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, Mme A... C..., représenté par Me Poret, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle se trouve en situation de précarité, ne peut pas travailler, est placée , avec sa fille, dans une situation de vulnérabilité et risque de faire l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire ;
la mesure demandée est utile et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2025, la préfète de l’Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu’il n’y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu’elle a délivré un rendez-vous à Mme C....

Vu :
les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., 1ère vice-présidente, pour statuer sur les référés.

Considérant ce qui suit :

Au regard de l’urgence, il y a lieu d’admettre Mme C... au bénéfice provisoire de l’aide juridictionnelle.

Il résulte de l’instruction que postérieurement à l’enregistrement de la requête, le 1er décembre 2025, la préfecture a accordé à Mme C... un rendez-vous le mercredi 7 janvier. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte de la requête de Mme C... sont devenues sans objet, de sorte qu’il n’y a plus lieu d’y statuer.

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme demandée sur le fondement combiné des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : Mme C... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur la demande d’injonction sous astreinte de délivrance d’un rendez-vous de la requête de Mme C....

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.

Fait à Grenoble, le 15 décembre 2025.

La juge des référés,

M. B...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.