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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2512266

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512266

mercredi 3 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512266
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKOTOKO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté du 10 octobre 2025 par lequel la préfète de l'Isère a refusé un titre de séjour à Mme A... et l'a obligée à quitter le territoire français. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, dès lors que l'audience au fond sur la requête en annulation de cet arrêté est imminente. En conséquence, la requête est rejetée sans examen des moyens soulevés, en application de l'article L. 522-3 du même code. Les conclusions présentées au titre des frais de justice sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2025, Mme A..., représenté par Me Kotoko, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’arrêté de la préfète de l’Isère du 10 octobre 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai trente jours, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans le délai quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous des astreintes respectives de 100 euros et 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu
– la requête enregistrée sous le n° 2511581 par laquelle Mme A... demande l’annuation de l’arrêté contesté ;
– les autres pièces du dossier.

Vu :
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
– le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Savouré, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Il ressort des pièces du dossier que Mme A... a contesté l’arrêté attaqué portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français par une requête enregistrée sous le n° 2511581 dont l’audiencement est imminent. Ainsi, en l’état de l’instruction, il ressort des pièces du dossier que la condition d’urgence n’est pas caractérisée. Dans ces conditions la requête de Mme A... doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de l’Etat, qui n’est pas partie perdante, la somme que Mme A... demande au titre des frais non compris dans les dépens.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.

Fait à Grenoble, le 3 décembre 2025.


Le juge des référés,


B. Savouré




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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