Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi en référé suspension par Mme B..., ressortissante marocaine, contestant le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale" et de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction. Lors de l'audience, la requérante s'est désistée de l'ensemble de ses demandes, à l'exception de celles relatives aux frais d'instance. Le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple et a rejeté la demande de frais présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Schürmann, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension des décisions implicites par lesquelles la préfète de l’Isère a refusé de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction, dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
5°) de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil d’une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est présumée satisfaite, d’autant qu’elle a basculé en situation irrégulière depuis le mois d’août 2025, qu’elle ne peut plus travailler ni percevoir les prestations de la caisse d’allocations familiales ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de renouvellement, qui n’est pas motivée, et qui méconnaît l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction, qui méconnaît l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de ces deux décisions, qui méconnaissent l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 7 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la condition d’urgence n’est pas satisfaite, au motif qu’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 7 mars 2026 a été remise à Mme B... en raison du caractère incomplet de son dossier, en l’absence de justificatifs suffisamment probants établissant que l’autre parent contribue effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 décembre 2025 sous le numéro 2512731 par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Frapper, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique tenue le 19 décembre 2025 en présence de Mme Barnier, greffière d’audience, Mme Le Frapper a lu son rapport, et entendu les observations de Me Schürmann, représentant Mme B..., qui déclare se désister de l’ensemble de ses demandes, à l’exception de celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., ressortissante du royaume du Maroc, indique être entrée en France au cours de l’année 2018. Elle était titulaire, en dernier lieu, d’une carte de séjour pluriannuelle valable du 6 avril 2023 au 5 avril 2025 portant la mention « vie privée et familiale » en sa qualité de mère de deux enfants de nationalité française, nés le 13 juin 2012 au Maroc et le 25 septembre 2021 en France de deux unions différentes. Elle a demandé, le 25 février 2025, le renouvellement de son titre de séjour au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et obtenu une attestation de prolongation d’instruction valable du 28 mai 2025 au 27 août 2025 qui n’a pas été immédiatement renouvelée. Une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 2 juin 2025 afin d’obtenir des justificatifs probants établissant la contribution des pères à l’entretien et à l’éducation de ses enfants, à laquelle Mme B... a répondu le 6 juin 2025 en produisant une attestation du père de sa fille aînée indiquant que cette dernière était à la charge exclusive de sa mère. Mme B... a demandé au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour ainsi qu’une décision implicite de refus de renouvellement de son attestation de prolongation d’instruction, et de prononcer diverses mesures d’injonction.
En application de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991, et en raison de l’urgence qui s’attache à statuer sur la présente requête, il y a lieu d’admettre Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Au cours de l’audience tenue le 19 décembre 2025, Mme B... a déclaré se désister de l’ensemble de ses demandes, à l’exception de celles présentées en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple, et rien ne s’oppose à ce qu’il lui en soit donné acte.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte à Mme B... du désistement de ses conclusions aux fins de suspension, d’injonction et d’astreinte.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.
Fait à Grenoble, le 19 décembre 2025.
La juge des référés,
M. LE FRAPPER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.