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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2513459

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2513459

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2513459
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. C... qui demandait qu’il soit enjoint à la préfète de l'Isère de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate que l’urgence n’est pas établie, l’intéressé étant en situation régulière grâce à une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 24 mars 2026. De plus, une décision implicite de rejet étant née du silence gardé par l’administration pendant quatre mois (articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), la mesure sollicitée ferait obstacle à son exécution. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 décembre 2025, M. A... C..., doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l'Isère de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de mettre à la charge de l’Etat les frais d’instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise (…) ». Aux termes de l’article R. 432-1 du même code : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-2 de ce code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois (…) ». Ni la délivrance d’une attestation de prolongation, ni son renouvellement ne fait ensuite obstacle à la naissance d’une décision implicite de rejet quatre mois après la réception de la demande de titre de séjour ou de renouvellement de celui-ci. La délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction ou son renouvellement postérieurs n’a pas pour effet de retirer, ni d’abroger une décision implicite de rejet déjà née.

En l’espèce, M. C... a sollicité le renouvellement de son titre de séjour par une demande déposée le 4 juillet 2025. Il résulte de l’instruction que l’intéressé a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction valable du jusqu’au 24 mars 2026. Par suite, le requérant étant en situation régulière, la condition d’urgence prévue par l’article L. 521-3 n’est pas démontrée. Par ailleurs, il est constant qu’un délai de plus de quatre mois s’est écoulé depuis la réception par l’administration de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. C..., qui, en application des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, doit de ce fait être regardée comme ayant fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, la mesure sollicitée fait nécessairement obstacle à l’exécution de cette décision implicite née du silence gardé par la préfète de l'Isère sur sa demande de titre de séjour. Par suite, les conclusions présentées par M. C... doivent être rejetées, en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C... doit être rejetée.



O R D O N N E :


Article 1er :
La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.





Fait à Grenoble le 20 février 2026.



La juge des référés,

M. B...




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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